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  • Le fonds

Auteurs : Jean-Marie Triat
Editeurs : CNRS éditions
Nombres de page : 200
Prix public : 35 €
Date de parution : Janvier 2011

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Aucune peine à imaginer qu’il s’agit ici de l’ouvrage d’une vie comme le dit son auteur qui s’est donné pour premier objectif de témoigner de toute une carrière de recherche consacrée à l’étude des altérations, en particulier dans les ocres provençaux, d’en décrypter la genèse, d’offrir au lecteur un panorama d’usage de ces roches bien spécifiques et de rappeler les initiatives de sensibilisation et de pédagogie développés autour de ces roches qui offrent des paysages si fascinants pour tous les publics. Pari réussi.

Trois origines génétiques sont proposées pour les ocres : métallogénique (on pourrait dire hydrothermale), volcanique et par altération (latérite). Les ocres de Provence, dont il est très largement question dans cet ouvrage, appartiennent au 3ème type et montrent le passage entre les grès verts glauconieux et les sables ocreux. Il a fallu du temps pour démontrer l’origine latéritique des ocres de Provence en travaillant notamment sur une comparaison avec les latérites tropicales africaines. Il importe aussi de ne pas confondre les ocres avec les nombreuses formations rouges continentales dans lesquelles les pigments ferrugineux sont amenés par les eaux de surface au même titre que les éléments détritiques.

Ce cheminement dans l’ocre se décline sous la forme d’une longue enquête qui est au cœur de ce livre, depuis la phase terrain (stade 1) jusqu’à l’étude des mécanismes géochimiques intervenant dans la formation de l’ocre (stade 7), avant de terminer par l’évolution des idées concernant l’origine et l’âge des ocres du Vaucluse (stade 8).Dans le Vaucluse, on trouve les ocres dans les pays de Luberon, d’Apt, du Ventoux et de Mormoiron. On connaît aussi des ocres en Bourgogne,dans le Berry et le Périgord, mais J.-M. Triat ne leur consacre que quelques pages.

Alors que la première partie de l’ouvrage présente un caractère ethnographique et porte sur l’usage de l’ocre dans l’histoire des peuples, en distinguant Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge et peuples « premiers », la 3ème partie se penche sur l’exploitation et l’utilisation de l’ocre en France pour se concentrer in fine sur la seule société encore en activité de nos jours : la Société des Ocres de France. L’ouvrage se termine par trois annexes : une vision historique des définitions de l’ocre jusqu’au XIXe siècle, un panorama des gisements d’ocre dans le monde, un glossaire et une abondante bibliographie.

Cette « bible » sur l’ocre témoigne tout à la fois du parcours personnel de J.-M.Triat et de son souci d’en faire partager les étapes et le bilan,mais aussi d’inciter le lecteur à découvrir les paysages de l’ocre au travers des sentiers de découverte du Roussillon et du « Colorado provençal »,de la carrière de Gargas ou des présentations de l’association Okhra sur le site de l’ancienne usine Mathieu. Un petit regret peut-être, l’absence de mention du musée de l’ocre à St-Georges-sur-la-Prée (18) qui permet de raviver la mémoire sur l’ocre du Berry. Une riche iconographie accompagne l’ouvrage, une incitation supplémentaire pour s’y plonger avec un plaisir certain.

La rédaction

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