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  • Le fonds

Auteurs : Yves Mathieu
Editeurs : Éditions Technip
Nombres de page : 138
Prix public : 22 €
Date de parution : 2010

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Le pétrole revient régulièrement dans l’actualité, principalement sous la forme des hausses de prix, du baril ou à la pompe. Plus rarement, on invoque le pic (ou plateau) pétrolier, la politique de l’OPEP ou l’intervention de tel ou tel groupe international. C’est tout le mérite d’Yves Mathieu que de nous offrir un regard sur les notions de réserves et de ressources de pétrole, une base de connaissances pour évaluer le futur pétrolier et sa place dans l’approvisionnement énergétique mondial.

Après une rapide présentation de la filière exploration - exploitation, l’auteur rappelle qu’il n’y a pas un, mais des pétroles, que leur taux de récupération dans le sous-sol est très variable(0-70%, 33% en moyenne) et que l’utilisation du pétrole est dominée par les carburants (50%) et les combustibles domestiques (35%), le solde relevant de divers secteurs industriels.

Les notions de réserves et ressources pétrolières s’additionnent en même temps qu’augmente l’incertitude sur l’estimation qui en est faite et que décroît le niveau d’investissements de mise en valeur réalisé. L’auteur distingue ainsi deux types de réserves et trois types de ressources :
* les réserves courantes (équipées ou en cours d’équipement) ;
* les réserves additionnelles, non connues réellement car subordonnées à des améliorations techniques ou des progrès économiques ;
* les ressources contingentes (découvertes), non prises en compte dans les réserves car subordonnées à l’obtention de permis d’exploitation et à la disponibilité de moyens humains, techniques et financiers. Les sables bitumineux du Canada et les pétroles lourds et extra-lourds du Venezuela en font partie ;
*les ressources potentielles ou prospectives (restant à découvrir) ;
*les ressources non productibles pour des raisons techniques, économiques ou politiques.

Les réserves ne sont pas mesurées, mais estimées, un exercice particulièrement difficiles i l’on considère qu’il y a plus de 40 000 gisements exploités dans le monde par une centaine de compagnies, dans près de 100 pays. On aboutit ainsi à une fourchette de réserves estimées entre 960 et 1 080 milliards de barils. Ce
156 chiffre englobe les réserves prouvées, probables et possibles. Les premières ont 90% de chances d’exister, les secondes 50% et les 3èmes, 10%. Pour les ressources contingentes, on parle de 190 milliards de barils de pétrole conventionnel et de 250 milliards additionnels extractibles pour les pétroles non conventionnels du Canada et du Venezuela.

Jusqu’au milieu des années 80, les ressources extractibles n’ont cessé de croître avec l’augmentation du nombre de forages réalisés.La tendance s’est inversée depuis et aujourd’hui,en ne prenant en compte que les seules réserves courantes, la production mondiale de pétrole serait amenée à décroître rapidement. Des possibilités de réévaluation des réserves existent avec la mise en place de nouveaux forages de développement, une meilleure récupération du pétrole dans les gisements, la mise en production de ressources contingentes et la possibilité de nouvelles découvertes. Si toutes ces pistes tiennent leurs promesses on passerait à une fourchette de réserves à mettre en œuvre située entre 1 640 et 2 020 milliards de barils, comprenant 80 milliards de pétroles non conventionnels dans le premier cas, 180 milliards dans le second.Toutes ces réserves sont très inégalement réparties dans le monde et Yves Mathieu nous en propose un panorama.

Face à cette situation, dans laquelle subsistent de nombreuses incertitudes géographiques (potentiel de l’Arctique…), technologiques (taux de récupération des pétroles conventionnels et non conventionnels) et politiques (stratégie de l’OPEP…), trois scénarios possibles sont envisagés par l’auteur :
* un pic de production et l’absence d’un quelconque renouvellement des réserves, donc un arrêt des investissements ; le pic de production des réserves courantes se situe alors dès 2010 ;
* un pic de ressources géotechniques (les moins difficiles à produire), au mieux en 2032, au pire 10 ans avant ;
* un plateau de production plus ou moins régulier dans le cas où les contraintes précédentes
viendraient à jouer ; on aboutit ainsi à un
pseudo-plateau politico-économique à 30 milliards de barils par an jusqu’en 2030 ou 2040,
impliquant le maintien des investissements à
leur niveau actuel.

Cet aperçu, un peu technique, donne une idée de la tonalité du livre. Il ne s’agit ni d’un traité géologique, ni d’un ouvrage économique,mais beaucoup plus d’une vision synthétique,s’appuyant sur un aperçu de chacune des composantes du futur pétrolier et encore pleine d’incertitudes sur le niveau de réserves et ressources valorisables comme en témoignent les trois scénarios proposés. À ce titre, cet ouvrage doit intéresser un large éventail de publics, y compris ceux qui ne sont ni géologues, ni économistes, ni spécialistes de la prospective pétrolière, mais tout simplement citoyens responsables, concernés par les interrogations sur notre avenir énergétique.

La rédaction

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