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  • Le fonds

Auteurs : Bernard Balan
Editeurs : Librairie philosophique J. Vrin
Nombres de page : 288
Prix public : 30 €
Date de parution : 2011

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Avec cet ouvrage, l’auteur ne propose pas un manuel soulignant les différentes étapes de la géologie, mais il souhaite partager une réflexion sur cette histoire et son évolution récente, marquée par l’émergence de la tectonique des plaques en 1968, qui souligne une rupture radicale avec les conceptions géologiques précédentes. Le parcours proposé dans le livre va de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe et l’auteur met l’accent sur les domaines des géosciences sur lesquels ont porté les principaux conflits : la stratigraphie avec la scansion du temps (question des Révolutions) et ordre du temps (chronologie relative), et la tectonique (formation des plissements à expliquer à partir d’une physique du globe à créer).

L’histoire se développe depuis les cosmogonies archaïques, soulignant le caractère primordial de l’eau, les cosmogonies spéculatives, les cosmogonies cycliques pour aboutir à la cosmogonie scientifique avec Buffon, Kant, Laplace et d’autres. L’auteur développe ensuite différents éclairages sur les champs conflictuels qu’il s’est proposé d’aborder : L’eau et le feu, Le déluge et les révolutions, Les strates, Les plissements et enfin La physique du globe.

Les premières théories de formation de la Terre s’appuient sur deux concepts quasi mythiques, l’eau et le feu. L’eau est invoquée dans la formation des minéraux et des roches ; elle l’est aussi dans la genèse des sédiments et dans le développement de la tectonique. Le feu correspond à un phénomène constructif de la Terre, s’opposant en cela aux phénomènes de destruction par les eaux. Pour la formation des filons, on en vient à évoquer l’influence de la chaleur centrale et l’injection de substances en fusion à travers les roches en place. Léopold von Buch (1774-1853) s’efforcera de relier ces deux concepts, en associant la géologie profonde (soulèvements, métamorphisme, plutonisme) et la géologie de surface qui montre une récapitulation des grands ensembles géologiques.

Le rôle de l’eau et la religion chrétienne se retrouvent pour assigner au déluge un rôle central, qui se traduit par le temps très court attribué à l’âge de la Terre. Mais, dès les années 1830, le lien entre les phénomènes actuels et le passé de la Terre pouvait correspondre soit à un développement progressif continu, soit une évolution marquée par des discontinuités séparées par des « Révolutions », qui se marquent aussi dans les êtres vivants, ce qui suppose des créations, à l’époque considérées comme surnaturelles.

Avec les strates dont la superposition traduit l’ancienneté relative, on aborde aussi la stratigraphie paléontologique et les fossiles, absent dans les terrains dits primitifs. Superposition et variations dans le contenu paléontologique se retrouvent pour déterminer la succession des strates, un critère qui a fini par s’imposer à la faveur de travaux réalisés dans des régions diverses, donc sur des ensembles d’âge différent. La stratigraphie devient géologie historique.

Parallèlement, la géogénie mythique est devenue tectonique ou géologie dynamique centrée sur les mouvements et les forces dont ils dérivent. On passera ainsi de la stratigraphie à la géométrie, à la reconnaissance des plissements, au concept de géosynclinal et d’effondrement, à l’ordonnancement des ensembles géologiques autour du « faîte primitif », aux mouvements des mers, etc. Dans ce contexte, le Déluge deviendra un évènement banal et d’extension limitée.

Il manque l’explication d’ensemble qui sera fournie par la physique du globe et la tectonique des plaques, dont la théorie de la dérive des continents de Wegener sera un marqueur précoce et prémonitoire. Dans la tectonique des plaques géologie et géophysique profonde se retrouveront pour proposer une explication générale. Comme, on le voit, cette dernière évolution marque une rupture profonde avec des siècles de progrès en géologie en proposant une genèse globale qui dorénavant s’imposera comme cadre général dans lequel s’inscrivent toutes les disciplines des géosciences.

La Rédaction

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