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Dossier Sommaires et éditos des dossiers

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Documents

pdf Géochronique 087, Septembre 2003 - La Gardette, Neves Corvo, Adamaoua Populaires

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Géochronique 87



- Des hydrocarbures pour l'avenir
- Neves corvo
- L'Adamaoua
- Carte sismotectonique du Monde
- Vajont et Longarone



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pdf Géochronique 088, Décembre 2003 - Essor de la géologie française Populaires

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Géochronique 88



À l'aube du XIXe siècle, la France sortait d'une période de plusieurs décennies au cours de laquelle l'étude de la Terre avait été l'apanage d'observateurs isolés qui font à nos yeux figures de géniaux précurseurs car leurs succès tiennent avant tout à leurs qualités personnelles et notamment à leur talent d'observateurs. Nicolas Desmarest (1725-1815), Jean-Louis Giraud-Soulavie (1752-1813), mais aussi Déodat Dolomieu (1750-1801) furent de cette trempe, ainsi que deux Genevois célèbres : Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799) et Jean-André de Luc (1727-1817).

Il convenait désormais d'accroître et de structurer les moyens. Ce fut le rôle de l'École et du Corps des mines, tandis que l'organisation récente du Muséum national d'histoire naturelle et l'ouverture des facultés des sciences permirent de diffuser plus largement les connaissances.

Toutefois, l'objectif prioritaire demeurait l'établissement d'un inventaire des ressources minérales du pays, ce qui avait justifié, sous l'Ancien Régime, la tentative avortée de Jean-Etienne Guettard (1715-1786) de dresser un Atlas minéralogique de la France. La question ne manqua pas de devenir l'affaire du siècle puisque, successivement, trois projets cartographiques furent mis en chantier dans notre pays : la carte géologique de la France, les cartes géologiques départementales et la carte géologique détaillée de la France à 1/80 000.

Pour cartographier les terrains, il fallait impérativement être en mesure d'en définir la succession, c'est-à-dire de préciser leur stratigraphie, ce que les Allemands Johann Gottlob Lehmann (1713?-1767) et Georg Christian Füchsel (1722-1773) avaient déjà entrepris de faire à l'échelle locale sur le Paléozoïque du Harz puis de Thuringe, avant que William Smith (1769-1839) n'en fasse de même sur le Mésozoïque de l'Angleterre et qu'Alexandre Brongniart (1770-1847) et Georges Cuvier (1769-1832) n'établissent en 1808 la succession des terrains tertiaires des environs de Paris. Toute cette entreprise fut finalement couronnée au milieu du siècle par la synthèse stratigraphique réalisée par Alcide d'Orbigny (1802-1857) qui avait le mérite de s'articuler parfaitement avec les conceptions alors en vigueur sur la formation des montagnes.

Il restait un défi majeur à relever : expliquer la formation des montagnes que Léonce Elie de Beaumont (1798-1874) tenta d'ordonner dans des « systèmes de montagnes » avant d'imaginer la théorie du « réseau pentagonal ».

N'oublions pas, enfin, que c'est au cours du XIXe siècle que se sont constituées les principales collections géologiques, minéralogiques et paléontologiques.

Le comité de rédaction

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pdf Géochronique 089, Mars 2004 - Pierres du patrimoine Populaires

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Géochronique 89



La pierre est un matériau très utilisé dans la restauration des monuments historiques. Le ministère de la culture chargé de la conservation de ces édifices au titre de la loi du 31 décembre 1913, est particulièrement attentif à l'actualité technique, scientifique ou réglementaire liée à sa production et sa conservation. Le domaine est vaste et concerne des professionnels d'horizons très divers, depuis l'extraction du matériau jusqu'à sa mise en œuvre. Au sein même de la direction de l'architecture et du patrimoine, deux sous-directions importantes sont concernées par les questions relatives aux carrières de pierres : la sous-direction de l'archéologie et celle des monuments historiques .
Cette année, un effort particulier a pu être porté sur l'évolution nécessaire de la réglementation en vigueur relative à l'ouverture des carrières de pierre destinées à la restauration des monuments historiques. Un besoin de simplification administrative a été constaté qui devrait faire l'objet de mesures adaptées dans un proche avenir. L'inventaire et la protection des ressources ou carrières de pierres de restauration devenues rares ou sensibles font partie de nos actions prioritaires.
Le numéro de la revue Géochronique consacrée à la pierre et au patrimoine montre bien l'intérêt que le ministère accorde à la recherche dans ce secteur, à travers la qualité des auteurs d'articles dont beaucoup travaillent en liaison avec nos services. Je souhaite vivement qu'elle donnera l'occasion à un large public de disposer de ces informations de grande qualité sur les Pierres du patrimoine.

François GOVEN, Sous-directeur des
Monuments Historiques, Direction de l'architecture et du patrimoine

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pdf Géochronique 091, Septembre 2004 - La ligne du Cameroun, Diamant, Quels géologues pour demain, Les marbres belges, Sur les traces des dinosaures, La séquestration du CO2 Populaires

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Géochronique 91



- La ligne du Cameroun
- Diamant
- Quels géologues pour demain
- Les marbres belges
- Sur les traces des dinosaures
- La séquestration du CO2

 

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pdf Géochronique 090, Juin 2004 - Les sciences de la Terre, de l'école au lycée Populaires

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Géochronique 90



Géochronique propose pour la première fois un dossier sur l’enseignement des Sciences de la Terre de l’école au lycée. Nous tenons en premier lieu à remercier Michel Corsini, Maître de Conférences à l’université de Nice, qui a bien voulu accepter de se charger de contacter les auteurs et réunir les articles ; sans son travail cette tentative était vouée à l’échec.

L’idée de réaliser ce dossier nous est venue à la suite des travaux du récent colloque « enseignement et vulgarisation des sciences de la Terre de l’école à l’université » qui s’est tenu à Nice du 14 au 16 Mai 2003. Trois thèmes sont abordés ;
-       une mise au point sur les programmes de Sciences de la Terre dans l’enseignement primaire et secondaire, et sur la formation des Maîtres ;
-       quelques considérations sur les spécificités de l’enseignement des sciences de la Terre et les difficultés rencontrées par les enseignants et par les élèves ;
-       un aperçu sur les nouveaux outils pédagogiques à la disposition des professeurs et des élèves.

Il s’agit d’un sujet complexe, passionnant… et polémique. En effet, nous avons constaté que rares sont nos collègues géologues n’ayant pas des idées arrêtées sur ce qu’il faudrait faire selon eux dans ce domaine ; les uns voudraient que les programmes fassent une place plus large au terrain, aux faits concrets ; les autres plaident pour une étude plus approfondie des grands mécanismes géodynamiques… Mais tous s’accordent pour critiquer ce qui existe ! Avant tout nous leur conseillons de participer à une séquence d’enseignement des sciences de la Terre au collège ou au lycée, ou d’animer une sortie sur le terrain avec des élèves ; ils verront à quel point c’est difficile d’intéresser les enfants et les adolescents à la géologie et seront surpris, voire désarçonnés, par les questions posées ! Cela incite à la modestie… Dans ce contexte, il faut rendre hommage aux professeurs qui ne sacrifient pas l’enseignement des sciences de la Terre au profit de celui des sciences de la Vie, réputé plus facile ( !), particulièrement à ceux qui ont le courage, pour ne pas dire l’inconscience, d’emmener les élèves sur le terrain avec tous les risques que cela comporte !

Bien entendu ce dossier ne prétend pas à l’exhaustivité ; il ne reflète que très partiellement les orientations actuelles de l’enseignement des sciences de la Terre (programmes et pédagogie) dans le Primaire et le Secondaire. Pour lui garder un volume raisonnable, de nombreux points n’ont pu être abordés, comme par exemple la comparaison de l’enseignement en France et dans les autres pays européens, ou abordés trop brièvement, comme la formation continue des enseignants, sujet capital en regard de l’évolution rapide de la discipline et des programmes. Par ailleurs, le vocabulaire utilisé pourra parfois dérouter certains lecteurs ! Nous espérons qu’ils ne nous en tiendront pas rigueur, et nous souhaitons surtout que ce dossier suscite des réactions que nous publierons, à condition bien sûr qu’elles soient constructives.

La Rédaction

 

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pdf Géochronique 092, Décembre 2004 - Tunnels transalpins Populaires

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Géochronique 92
Il est bien naturel que l’AFTES, Association française des travaux en souterrain, s’associe à la démarche de Géochronique dans ce dossier sur les grands tunnels transalpins. Ces chantiers et projets s’inscrivent en effet à la suite d’une longue histoire, dont, pour les Français, le tunnel du Mont-Blanc, le tunnel sous la Manche, et le tunnel de l’A 82, étaient et sont les points forts les plus récents. On mesurera le chemin parcouru depuis ces ouvrages, déjà considérés en leur temps comme très audacieux.

L’AFTES rassemble depuis trente-deux ans la communauté des gens de tunnels, maîtres d’ouvrage, bureaux d’études, entreprises et fournisseurs, ainsi que chercheurs et enseignants. Forte d’environ 800 membres, elle a accompagné la période faste des années 1970-1990 qui a vu notamment l’expansion du RER à Paris, des métros à Lyon, Marseille, Lille et Toulouse, ainsi que quelques tunnels sur les lignes nouvelles à grande vitesse de la SNCF et quelques tunnels routiers et autoroutiers, sans négliger les galeries d’assainissement, ni surtout les études et chantiers à l’étranger. L’action de l’AFTES s’exerce par trois canaux principaux : les groupes de travail et leurs recommandations, qui sont souvent les seules références en la matière, et sont très appréciées sur les chantiers, y compris à l’étranger ; la revue semestrielle “Tunnels et ouvrages souterrains” ; et des congrès triennaux, associant souvent les associations des pays limitrophes.

Les tunnels étant étroitement tributaires des conditions du terrain, l’AFTES a publié plusieurs recommandations à forte composante géologique. Ainsi “La description des massifs rocheux”, une des toutes premières (mise à jour en 2003), et dans le dernier numéro paru de la revue “La prise en compte des aléas géologiques dans les dossiers de consultation des entreprises”.

L’AFTES fait partie des fondateurs de l’association internationale AITES, en anglais International Tunnelling Association, ITA, dont elle partage les activités. Cette mise en réseau des expériences les plus variées est un atout précieux pour notre industrie.

En dépit de la baisse actuelle des crédits d’infrastructure, la vitalité de l’AFTES est soutenue par le marché international et dopée par les problèmes nouveaux, par exemple la sécurité et l’environnement. Vieillissement d’ouvrages anciens d’une part, problèmes financiers et juridiques sont aussi des champs d’activité qui justifient des réflexions nouvelles.

L’automne 2005 verra le prochain congrès triennal, les 10-11-12 octobre à Chambéry, sous le titre “Les tunnels, clés d’une Europe durable”, organisé en commun avec les associations d’Espagne, d’Italie et de Suisse. Les quatre thèmes sont l’économie des projets, la sécurité, les innovations techniques et les travaux de réhabilitation. La ville de Chambéry organise à cette occasion une manifestation ouverte au grand public “Arc alpin 2000” où le point sera fait sur l’avancement des chantiers, des études et des projets transalpins en cours ou en préparation.

Site Web de l’AFTES : www.aftes.asso.fr

Jean Philippe, président de l’AFTES

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pdf Géochronique 093, Mars 2005 - Le mercure Populaires

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Géochronique 93Le mercure est un métal liquide à température ordinaire, puisque son point d’ébullition (vaporisation) est de 356°C et son point de fusion (solidification) de -39°C. Ses autres propriétés sont tout aussi intrigantes. Sa densité est assez remarquable (13,6 à 0°C). Son coefficient de dilatation thermique élevé et sa courbe de dilatation régulière ont été mis à profit dès 1611 pour la fabrication des thermomètres et plus tard des manomètres et baromètres, car il ne colle pas aux parois du tube. Il est en outre remarqué par sa tension superficielle très élevée : à cause d’elle, récupérer au sol les gouttelettes tombées d’un thermomètre cassé tenait, naguère, de l’exploit (jusqu’à ce que cet usage médical du mercure soit interdit en France, tout au moins pour les thermomètres destinés aux humains).

L’alchimie a fait grand cas du mercure. Mais si sa fortune fut effectivement liée à l’or et l’argent, c’est grâce à la découverte, au 16e siècle, de son emploi sans égal pour le traitement des minerais du Nouveau Monde, qui bouleversa l’économie de la planète. Il s’est rendu utile pour bien d’autres usages encore, pharmaceutiques, artisanaux et industriels, qui vont du mercurochrome de notre enfance aux freins ABS en passant par les plombages dentaires ou les produits de droguerie les plus courants de la maison.

Mais certains composés mercuriels polluent l’atmosphère de façon préoccupante. Les volcans aussi, mais on ne peut les arrêter. De panacée universelle, le mercure est descendu au ban de la société du développement durable. Dans les pays occidentaux, les mines ont fermé les unes après les autres. Les cours, qui étaient tombés au plus bas dans les années 70, s’emballent. Pour 2005, on s’attend, sinon à un bannissement mondial du métal, du moins à des mesures encore plus restrictives de la Commission européenne pour freiner ses utilisations.

Le mot “mercure” fait encore la pluie et le beau temps au journal météo du 20 heures, mais les thermomètres ont été retirés à jamais de la circulation. Nos enfants auront-ils jamais une idée de la fascination que le “vif argent” nous a inspirée ? Heureusement, l’archéologie et l’exploitation touristique et culturelle des anciennes mines de mercure, souvent chargées d’Histoire, prennent le relais.

La rédaction

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pdf Géochronique 094, Juin 2005 - GPS et géodynamique Populaires

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Géochronique 94

De tout temps, l’homme a su que la Terre est une planète dont les colères effrayantes peuvent provoquer les plus grandes paniques. Rien n’est plus terrible que de sentir le sol se dérober sous ses pieds. La catastrophe provoquée par le très grand séisme de Sumatra du 26 décembre dernier nous l’a rappelé. Aujourd’hui, grâce à la tectonique des plaques, nous savons que ces mouvements sismiques ne sont pas le résultat de mouvements aléatoires mais qu’ils sont l’expression même de la vie de la Terre. En 1968, nous avons découvert que les mouvements des plaques sont à l’origine de l’activité sismique. L’étude des séismes est alors devenue indispensable à la compréhension de la tectonique active. Mais depuis deux décennies, l’amélioration spectaculaire de la précision des méthodes géodésiques a fait à son tour de la géodésie un outil indispensable à l’étude de la tectonique active. Et parmi les outils géodésiques, le GPS dont il est question dans ce numéro s’est progressivement imposé comme l’outil de base indispensable.

Dès lors qu’avec le GPS on peut désormais atteindre une précision de l’ordre du millimètre dans la mesure de la position d’un point, la gamme de problèmes qui peut être traitée par ce type de mesures devient très large, depuis la mesure globale du lent mouvement des plaques tectoniques jusqu’au suivi de glissements en masse menaçant des agglomérations en passant par la surveillance du glissement des failles sismiques. On a pu ainsi montrer que le modèle cinématique rendant compte du mouvement moyen des grandes plaques durant les trois derniers millions d’années, établi à partir des anomalies magnétiques marines, est compatible pour l’essentiel avec le mouvement moyen durant les dix dernières années obtenu par la géodésie. Ce résultat spectaculaire est en train d’être dépassé. On s’attache maintenant, en comparant les deux modèles, à détecter les changements qui ont pu affecter les mouvements de plaque dans les trois derniers millions d’années. On met ainsi en évidence par exemple un ralentissement très probable du rapprochement Afrique/Eurasie. On démontre également que les Alpes ne sont plus soumises à un raccourcissement et qu’en conséquence elles commencent à s’écrouler sous l’effet de la gravité. Dans tout le domaine très complexe des mécanismes qui précèdent, accompagnent et suivent les ruptures sismiques, le GPS est devenu un outil irremplaçable, en particulier grâce aux réseaux très denses de stations permanentes qui suivent la déformation en temps réel comme au Japon et en Californie du Sud. Mais tout ceci suppose une amélioration très importante des technologies de mesure qui ont elles-mêmes ouvert de nouveaux champs comme celui de la mesure des variations temporelles et spatiales de la ionosphère et celui de la détection de la propagation des ondes sismiques dans cette ionosphère. Il ne faut pas se cacher non plus qu’à ce niveau de précision les chercheurs détectent de nombreux mouvements transitoires du sol dont l’origine est loin d’être complètement élucidée.

Le dossier GPS que publie Géochronique n’a pas la prétention de couvrir la totalité de ce qui est devenu un immense domaine mais il apporte un excellent éclairage sur certains aspects clefs de ces recherches en cours. Je suis sûr que la plupart des lecteurs seront surpris de la diversité et de l’importance des résultats déjà obtenus. Personne en Sciences de la Terre ne peut plus ignorer l’apport des techniques liées au GPS.

X. Le Pichon

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pdf Géochronique 095, Septembre 2005 - Bauxite, Bièvres, supervolcans, gisements Populaires

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Géochronique 95

 

- Bauxite : des sites à classer
- Divagation du tracé de la Bièvre dans Paris
- Des cavernes pour les physiciens du neutrino
- Supervolcan
- Les gisements de nickel, cuivre et platinoïdes
- La géologie est née en Italie !

 

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pdf Géochronique 096, Décembre 2005 - La carte géologique Populaires

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Géochronique 96

La carte géologique, instrument indispensable à toute approche du terrain, est une interprétation personnelle d’observations dispersées. Le géologue projette, sur le papier ou sur l’écran, sa culture scientifique, c’est-à-dire qu’il considère les objets après des opérations mentales et pas seulement avec des observations. Bref, la carte est une publication scientifique réalisée à partir d’observations isolées, réunies en une hypothèse cohérente, conduite à partir des concepts personnels inscrits dans la culture de son temps. Elle est une étape dans l’histoire des sciences. Cette caractéristique fondamentale n’est que rarement mise en avant par les auteurs. Il s’en suit une immense incompréhension entre eux et les utilisateurs non géologues, financeurs de la carte géologique et scientifiques d’autres disciplines.

Dans ce numéro, on trouve l’expression de besoins. Tous convergent en soulignant l’ambiguïté de la carte où ne sont pas distinguées les observations analysées et les interprétations. Des tentatives de différenciation ont été proposées dans le passé, elles ont toutes abouti à des documents peu lisibles. Il est évident qu’actuellement les moyens techniques permettent de prendre en considération l’exigence scientifique qui impose de scinder le fait observé et analysé de son extension sur des surfaces parfois très vastes.

Selon l’objectif recherché, il est possible, désormais, sur une carte classique, c’est-à-dire sur un document subjectif, de localiser par leurs coordonnées les sites observés ; chacun d’eux correspond à l’étude d’un affleurement, par exemple. La carte géologique, document synthétique, donne une image qui comprend, d’une part, ces données, d’autre part, de très vastes étendues interprétées avec les concepts en vigueur pour l’essentiel, originaux pour quelques uns. Les lecteurs et les utilisateurs doivent pouvoir évaluer le degré de fiabilité du document selon leurs besoins.

Compte tenu des référentiels géographiques, il est possible d’intégrer les données non affleurantes et leurs variations temporelles (débit et qualité de l’eau, variations des caractéristiques du sol, etc.).

La carte est à la convergence des efforts de toutes les disciplines des sciences de la Terre ; si elle doit rester un document esthétique, elle doit devenir un réceptacle du savoir des différents spécialistes. Toute donnée n’a qu’une valeur éphémère qui évolue et se précise avec les progrès des techniques et des concepts. Parmi les bases de données, certaines peuvent être exprimées à la demande, en complément du cadre général. Une nouvelle cartographie est en train de naître de manière anarchique : un spécialiste publie des informations sur des affleurements, des forages, des observations obtenues par différentes techniques de télédétection, mais ne peut, ne veut ou ne sait les intégrer dans un document collectif. Cette oeuvre de regroupement élaboré d’informations, qui fait évoluer les informations recueillies, ne peut relever que d’un service public scientifique oeuvrant dans la durée et qui en assure la cohérence.

La démarche, évidente pour des cartes à 1/50 000, peut s’appliquer aux différentes échelles. Sans carte générale, l’utilisateur trouve une tour de Babel, chacun parle, écrit, expose sans que l’autre sache démêler ce qui est fondé spatialement et temporellement et ce qui est hypothèse. La carte est un document sans cesse retouché. Ces multiples retouches, de temps à autre, conduisent à une réédition regroupant de manière cohérente les informations les plus solides. La lecture d’une carte, comme son lever, est une étape indispensable à la formation de tout géologue. Elle évolue grâce aux techniques d’analyse et de communication. Ce dossier le montre à l’évidence.

Jean DERCOURT

Université Pierre et Marie Curie Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences

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