• Le fonds

Les agences de l’eau. Quarante ans de politique de l’eau

Auteurs : Jean-Loïc Nicolazo, Jean-Luc Redaud
Editeurs : Éditions Johanet
Nombres de page : 376
Prix public : 55 €
Date de parution : 2007


Cet ouvrage consacré aux agences de l’eau a le gros mérite de présenter une vision d’ensemble de la politique de l’eau en France en proposant plusieurs entrées sur le sujet :
- le contexte : international (de Stockholm 1972 à Mexico 2006 en passant par Rio et Kyoto 2002), communautaire (notamment le nouvel élan donné par la Directive cadre sur l’eau de 2000) et national ;
- les priorités actuelles concernant les différents usages de l’eau (industrie, agriculture, eau potable) et les ressources correspondantes, ainsi que la préservation des milieux aquatiques. Il apparaît que les agences de l’eau sont impliquées dans la quasi totalité des champs de la gestion de l’eau, à l’exception des eaux de ruissellement et des inondations ;
- les acteurs : État, collectivités territoriales (commune, département, région), établissements publics territoriaux de bassin (EPTB, offices de l’eau des DOM), membres de la société civile (compagnies concessionnaires, associations…), organismes de bassin : agences de l’eau, dont le statut d’EPA a été maintenu dans la loi de 2006, comités de bassin ;
- le fonctionnement des agences de l’eau : redevances et programmes d’intervention.

Par ces différentes entrées, les auteurs permettent au lecteur d’avoir une vision de l’évolution de la réglementation (de la loi de 1964 à celle de 2006), du rôle des différents acteurs impliqués et des modalités d’intervention de chacun.

Quelques chiffres permettent également de fixer les idées :
- plus de 11 000 km de cours d’eau ;
- dominante des prélèvements en eau de surface (85%), mais 56% de l’alimentation en eau potable venant des eaux souterraines ;
- 2 millions d’hectares de zones humides (50% de ce qui existait il y a 30 ans) ;
- 9 000 contrats de délégation (sociétés concessionnaires) dont 500-600 remis en appel d’offre chaque année (96% reconduits, moins de 1% revenant en régie) ;
- distribution de l’eau : 85% privé, 15% public ; assainissement : 45% privé et 55% public ;
- prix de vente de l’eau variant entre 2 et 3,5 euros/m3 ;
- inondations : 8 000 communes, plus de 20 000 km² et 4,5 millions d’habitants concernés.

En annexe, beaucoup d’information de grande valeur d’usage, notamment les textes réglementaires applicables aux compétences des communes, les lignes de programmes des interventions des agences de l’eau, les sites internet et un dictionnaire des sigles.

Malgré les efforts accomplis depuis 1964, date de création des agences financières de bassin devenues par la suite agences de l’eau et la mise en place d’outils (SDAGE et SAGE depuis la loi de 1992, en révision 1995-2009 ; programmes sur 6 ans d’intervention des agences, 9ème : 2007-2012…), de gros efforts restent à faire pour mettre une eau de qualité à la portée de tous (loi de 2006), avancer fortement dans la solution des problèmes de pollution agricole (nitrates, produits phytosanitaires), rendre l’assainissement plus exhaustif et plus performant, tendre vers le bon état écologique des eaux à l’horizon 2015 (directive européenne), mettre en place un observatoire national de l’eau que l’ONEMA (Office national de l’eau et des milieux aquatiques) a maintenant pour mission de bâtir.

On ne peut que recommander la lecture de ce livre et, peut-être surtout de l’utiliser comme ouvrage de référence pour s’informer sur tel ou tel aspect de la politique de l’eau en France.

La Rédaction

Le volcanisme du Cantal. Le plus grand volcan d’Europe

Auteurs : Pierre Nehlig
Editeurs : Chamina, Découverte du Patrimoine, Auvergne & BRGM
Nombres de page : 191
Prix public : 22,80 €
Date de parution : 2007


Cet ouvrage inspirera sans aucun doute le randonneur désireux d’insérer ses pas dans la complexité du massif du Cantal et la diversité de ses paysages, et plus largement tout public intéressé par le plus grand volcan d’Europe. La première partie de l’ouvrage (75 pages) a pour objectif d’apporter des éléments de connaissance, la seconde (104 pages) de décrire les 9 secteurs d’itinéraires et les 80 sites remarquables proposés. Attention aux propriétés privées et aux milieux fragiles !

Parmi les éléments de connaissance, on retiendra en particulier :
- un historique des travaux sur le Cantal, la description des unités volcaniques et des paysages résultant ;
- un glossaire sur les mécanismes éruptifs, les structures volcaniques, les familles de produits ;
- un glossaire sur les mots du volcanologue (qui aurait pu être mis en annexe) ;
- des catalogues de roches : laviques, volcanoclastiques ;
- des informations sur le volcan lui-même et sa place dans le volcanisme du Massif central.

Au fil des différents travaux, le Cantal a soulevé nombre de questions géologiques, mais c’est la question des brèches qui est restée longtemps problématique avant que l’éruption du Mt St Helens (1980) ne permettre de les interpréter comme des dépôts d’avalanche ou des coulées de débris. La vision globale de l’édifice est proposée sous la forme d’une carte à 1/25 000.

La reconstitution géologique du volcan permet de distinguer de distinguer cinq grandes phases qui se chevauchent partiellement : 1) la mise en place des basaltes infracantaliens (13 à 7 Ma), 2) l’édification du stratovolcan (8,5 à 7 Ma), 3) l’écroulement de celui-ci autour de 7 Ma, 4) les intrusions phonolitiques (7 à 6,5 Ma) et 5) les basaltes supracantaliens entre 7 et 2 Ma. Au moins trois phases d’avalanches de débris sont distinguées dans la phase 3 : > 7,4 Ma au nord et à l’est, entre 7,4 et 7,2 Ma à l’ouest et < 7,2 Ma au sud et au sud-ouest.

L’ensemble aboutit à une disposition zonale avec une zone centrale (diamètre 24 km) caractérisée par des empilements de laves et de brèches pyroclastiques recoupées par des filons, une zone intermédiaire dans laquelle augmentent les dépôts de lahars et d’avalanches de débris, et une zone distale dans laquelle ces derniers prédominent. Malgré de considérables progrès dans la connaissance, la genèse du Cantal reste controversée entre un modèle de point chaud qui s’applique mal au volcanisme intraplaque et des phénomènes de rifting avec volcanisme ante, syn et post rift, en lien avec des phénomènes se produisant dans l’avant-pays alpin. Ira-t-on vers une synthèse entre ces deux interprétations ? Sur la perspective d’une nouvelle éruption dans le Cantal dans l’avenir, la probabilité est la même que pour les autres volcans d’Auvergne, même si l’appareil cantalien ne constitue pas le plus jeune édifice régional.

Sans rentrer dans le détail des 9 itinéraires de découverte, chacun concernant une ou plusieurs vallées, soulignons les similitudes dans la présentation :
- pour chaque itinéraire, une carte géologique (avec la topographie) avec localisation des points remarquables numérotés ;
- pour chaque point remarquable : un texte de présentation, 1 à 4 photos de site, un encadré découverte (itinéraires et sites à proximité), parfois une coupe, un schéma, un fragment de carte géologique, un glossaire.

L’ouvrage se termine par diverses annexes : carnet d’adresses, informations touristiques, bibliographie.

Pour conclure, un ouvrage à recommander chaudement. Il est rare de trouver un tel document qui associe de façon équilibrée le souci de partager une connaissance, en l’occurrence très actualisée, avec le souhait d’emmener le randonneur sur un grand nombre de sites en lui expliquant en quoi ils sont représentatifs des phénomènes présentés. Globalement une réussite.

La Rédaction

Les géosciences au service de l'Homme

Auteurs : Jean-Paul Tisot, Jean-Claude Samama, Bernard Marty
Editeurs : HIRLE
Nombres de page : 200
Prix public : 33,25 €
Date de parution : 2007


Ce livre a été réalisé par l’École Nationale Supérieure de Géologie (ENSG) de Nancy à l’occasion de son centenaire (2008) qui coïncide, opportunément, avec l’Année Internationale de la Planète Terre. À l’exception de Jean Dercourt qui a rédigé la préface, les 18 auteurs sont tous des anciens de l’ENSG, à commencer par Jean-Paul Tisot, coordinateur.

Le livre comporte 9 chapitres dont 3 consacrés aux matières minérales et énergétiques, 3 à l’eau, l’aménagement et l’environnement et 3 à divers thèmes (géomodélisation, géologie extra-terrestre et variations climatiques). Les deux premiers chapitres consacrés aux matières minérales et aux matières énergétiques ont l’intérêt de présenter un court aperçu historique sur les découvertes et l’évolution des techniques, mais surtout de présenter un panorama des approches modernes sur les filières de prospection et de développement ; c’est assurément leur grand mérite. Alors, bien sûr, consacrer une page au commerce mondial des matières premières et à l’organisation de l’industrie correspondante peut laisser sur sa faim, alors que ce pourrait être un préalable à tout le reste vu le rôle des prix dans tout développement ou recul de l’industrie minière. De même, ne pas dire un mot sur les énergies renouvelables est un choix que l’on peut discuter dans une optique de développement durable, même si les géosciences ne sont présentes que dans certaines filières ; il est vrai que la question de la géothermie est évoquée dans le chapitre sur l’eau auquel on aurait pu renvoyer. Ou encore, ne pas évoquer les déchets nucléaires ou la génération 4 des réacteurs, que l’on soit ou non d’accord avec les stratégies correspondantes, est dommage. Il est vrai que le thème des déchets (dont nucléaires) est traité dans le chapitre consacré à l’environnement auquel on aurait pu renvoyer. Même en se tenant au volume du livre, qui était forcément très cadré, on devait pouvoir insérer les paragraphes et renvois correspondants afin de faciliter le cheminement du lecteur.

Nous rattachons ici le chapitre consacré aux minéraux naturels divisés et leurs applications qui aborde le sujet sous un double aspect : les utilisations et les propriétés concernées. Les utilisations, très brièvement évoquées vont de la récupération assistée du pétrole, au traitement des eaux et aux cosmétiques. Les propriétés évoquées rentrent dans le cadre du génie minéral, en particulier les propriétés de surface des minéraux et leurs interactions avec le milieu. Peut-être ce chapitre aurait-il pu être inséré dans le chapitre consacré aux ressources minérales, en organisant ce dernier autrement.

Le chapitre sur les grands ouvrages de génie civil met l’accent sur deux grands types d’ouvrages, les centrales nucléaires et les barrages et c’est l’occasion de passer en revue les problèmes posés, les phases de travail, et également de faire une intéressante revue des techniques constructives. Au chapitre de l’aménagement, on a choisi de privilégier les grands ouvrages, mais on ne construit pas une centrale nucléaire ou un barrage tous les matins, alors que, pour l’habitat, on construit en permanence. Évidemment, le métier est moins noble, encore que le milieu urbain soit délicat à traiter, mais de très nombreux géologues y travaillent. C’était aussi l’occasion de passer le message de la difficulté de faire accepter par les décideurs que les études préalables soient suffisantes avant tout démarrage de projet. De même, on aurait bien vu évoquer les tunnels, et aussi bien les grands tunnels ferroviaires (Tunnel sous la Manche ou Tunnel Lyon-Turin) que les tunnels plus modestes, souvent vieillissants et qui impliquent des études géologiques et géotechniques spécifiques. Mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un ouvrage anniversaire et qui a donc justifié de privilégier les grands objets ou les grands champs disciplinaires. D’ailleurs le chapitre commence par une photo du viaduc de Millau, belle réalisation s’il en est, mais dont on ne parle pas dans le texte.

Toutes proportions gardées, le chapitre sur l’eau nous semble un des plus équilibrés puisqu’on parle de quantité (cycle de l’eau et types de nappes) et de qualité des eaux, de réglementation, de surveillance, des différents acteurs et aussi des problèmes soulevés pour, à l’avenir, alimenter en eau la population mondiale, gérer la consommation, et trouver des compromis dans les différents usages (eau potable, agriculture, industrie) aux échelles locales et surtout régionales. On rappellera aussi que c’est dans ce chapitre qu’est évoquée la géothermie. Le couplet final sur le changement climatique est là pour rappeler que ce changement risque d’avoir des incidences fortes sur la répartition des ressources en eau et sur les climats régionaux.

Un bon équilibre a aussi été trouvé avec le chapitre sur l’environnement, l’occasion d’aborder le rôle des géosciences par différentes entrées : la gestion de l’espace et la maîtrise des risques, la nature des domaines concernés (déchets, sites pollués, milieu souterrain, littoral, stockage du gaz carbonique…), les approches des problèmes (diagnostic, prévention, protection, restauration), les acteurs du secteur (entreprises, métiers, marché). La conclusion prospective insiste de façon très opportune sur l’importance de la prévention : plutôt prévenir que guérir, selon la phrase bien connue.

La géomodélisation est maintenant d’usage courant dans toutes les évaluations de ressources et de réserves ou la présentation de la géologie en 3 D, mais c’est aussi un domaine avancé qui doit traiter de multiples paramètres et de leurs interactions et parvenir à des échelles de plus en plus fines. Rien de plus normal que d’y consacrer un chapitre, d’autant que l’équipe de recherche de Nancy est en pointe sur ce sujet depuis des années.

L’extra-terrestre, comme les dinosaures attire les foules, c’est bien connu. Cela dit, consacrer 24 pages à la géologie extra-terrestre, était-ce bien nécessaire, d’autant que tout l’ouvrage est focalisé sur la géologie dans ses applications alors que dans la diversité des sujets de recherche en géosciences, il en est de nombreux dont on peut dire qu’ils sont au service de l’homme. Choix de cadrage, choix de volume impose. Cela étant, on y parle abondamment des météorites, des recherches sur la Lune et sur Mars, pour terminer sur l’exploration de l’univers.

L’ouvrage se termine sur les variations climatiques du passé et de l’avenir, question d’actualité s’il en est. Avec raison, l’auteur met l’accent sur les changements du passé géologique et de la période récente de l’évolution humaine avant d’insister sur l’évolution depuis un siècle et la prévision du climat du futur.

À noter, en fin d’ouvrage sur page rétrospective sur l’ENSG, que certains trouveront assurément bien courte.

Quelles que soient les remarques que l’on peut formuler sur le choix des contenus et l’organisation de leur présentation, cet ouvrage anniversaire de l’ENSG est un bel ouvrage, bien illustré, très informatif sur de nombreux sujets. Il convient donc de saluer sa parution et d’en recommander la lecture à un large public.

La Rédaction

Well logging and reservoir evaluation

Auteurs : Oberto Serra
Editeurs : Éditions Technip
Nombres de page : 250
Prix public : 118 €
Date de parution : 2007


Oberto Serra est un spécialiste de l’interprétation des mesures en forage puisqu’il a déjà deux ouvrages à son actif sur ce sujet : Well logging and geology, 2003, et Well logging – Data acquisition and applications, 2004. Le premier ouvrage avait pour ambition de préciser la nature de l’information géologique que l’on pouvait tirer des données d’enregistrement en forage. Dans le second, il s’agissait d’expliquer les principes physiques des différentes mesures réalisées durant le forage. Le présent ouvrage, publié en anglais, constitue une version entièrement revue et actualisée de deux ouvrages antérieurs publiés en 1984 et 1986 chez Elsevier. Son objectif est d’expliquer comment adapter l’interprétation des données d’enregistrement en forage au type de réservoir de façon à obtenir une meilleure évaluation du volume d’hydrocarbures en place et extractible. Alors que la pratique courante consiste à se limiter à déterminer la porosité effective, la saturation en eau et la perméabilité, il convient plus largement d’évaluer aussi précisément que possible le volume du réservoir dans sa complexité géologique.

L’ouvrage est organisé en 7 chapitres qui tous portent sur différents aspects du réservoir. Au-delà des définitions et des sources d’information, le grand intérêt du chapitre 1 est de répondre aux questions : quand et où doit-on évaluer les réservoirs (cas du forage unique et cas du champ) et qui doit s’en occuper ? Très logiquement, le chapitre 2 présente la méthodologie d’interprétation proposée pour ces deux cas de figure. Avec les chapitres 3 à 5, on rentre dans le cœur du sujet de la détection des réservoirs, avec l’éventail des paramètres à prendre en compte (température, pression, caractéristiques de la boue, du filtrat, du mud-cake, des fluides du réservoir, des hydrocarbures) et les propriétés de réservoir niveau par niveau sédimentaire (lithologie et porosité, saturation en eau, évaluation de la mobilité des hydrocarbures, porosité et saturation en gaz, perméabilité).

Avec le chapitre 6, on entre dans les programmes d’interprétation dont O. Serra discute des conditions d’application de chacun (SARABAND, CORIBAND, PICARDIA, VOLAN, GLOBAL, ELAN, ELANPlus) avant de proposer sa proche approche (SERRA LOG) du problème. Le chapitre 7, enfin, présente une classification des réservoirs : détritiques, carbonatés et fracturés avec la réponse qu’ils donnent dans les enregistrements de forage. Une bibliographie, jointe à chacun des chapitres, et deux annexes (unités, symboles de mesure en forage et glossaire) complètent l’ouvrage. On notera aussi la présentation des figures en couleurs, ce qui leur donne une grande lisibilité.

Cet ouvrage est un manuel d’utilisation et d’interprétation des enregistrements en forage afin d’en tirer le schéma de réservoir le plus adapté possible. Il est donc essentiellement destiné aux géologues et géophysiciens pétroliers, mais aussi aux ingénieurs réservoir et plus largement à tous les enseignants et étudiants dans ces domaines, soit au total un très grand nombre de clients potentiels répartis dans les sociétés pétrolières, les entreprises sous-traitantes, les bureaux d’études et les structures d’enseignement.

La Rédaction

A Geoscientist’s guide to petrophysics

Auteurs : Bernard Zinszner et François-Marie Pellerin
Editeurs : Éditions Technip
Nombres de page : 384
Prix public : 130 €
Date de parution : 2007


La mention « Traduit du français » peut induire en erreur car s’il est vrai qu’il y a eu un texte initial en français, ce n’était que pour servir de support à la traduction en anglais et non pour être publié comme tel. Dans cet ouvrage, le terme de pétrophysique est utilisé dans son sens courant : l’étude des propriétés physiques des roches, et l’accent est mis sur le stockage et l’écoulement des fluides contenus. Une 1ère partie porte sur les propriétés pétrophysiques et leurs relations avec la pétrologie, une seconde, sur les changements d’échelle et la caractérisation des milieux poreux.

La première partie traite en premier lieu des propriétés statiques permettant de calculer les volumes de fluides in situ : la porosité (et effet des contraintes), et la pression capillaire. Vient ensuite une 2ème section consacrée aux propriétés dynamiques, celles qui conditionnent la récupération des fluides : perméabilité intrinsèque (basée sur la loi de Darcy), mouillabilité des roches réservoir et perméabilité relative (tenant compte de la viscosité relative des fluides et des intervalles de saturation entre lesquels la mobilité des fluides est possible). Pour chacune de ces propriétés, le ou les protocole(s) de mesure sont indiqués, ainsi que l’influence du milieu géologique. La 1ère partie se termine sur une section consacrée à l’interprétation des mesures géophysiques (électrique, sismique et résonnance magnétique nucléaire) permettant de caractériser ces propriétés.

La seconde partie ne représente qu’un petit tiers de l’ouvrage mais elle est fondamentale car il est question de la validité des mesures et de la possibilité de les extrapoler. Sur le premier point l’ouvrage aborde successivement les effets des dommages, des contraintes et de la température sur les échantillons, puis la notion de volume élémentaire représentatif notamment en milieu anisotrope. Concernant les changements d’échelle, le problème posé est de passer de l’échantillon à la carotte, au log de sondage et au test de puits. Un développement est consacré aux types de roche et à l’intérêt de se référer à une terminologie homogène. La dernière section porte sur les techniques d’observation du milieu poreux : sur lames minces et imprégnations à la résine (microscope optique, MEB), visualisation de la localisation des fluides dans les pores (méthodes directes et indirectes), tomographie de rayons X, analyse minéralogique (diffractométrie et fluorescence X, spectroscopie IR).

Les annexes comprennent : une liste de références, un glossaire des termes liés à la porosité, un index par thème et par auteur.

Cet ouvrage est un manuel. Sa grande qualité est de créer une passerelle forte entre la physique des mesures et les roches et donc de situer les paramètres mesurés dans leur environnement géologique et cela en changeant d’échelle, de l’échantillon au puits. Le résultat est que ce livre s’adresse aux deux communautés, celle des physiciens de la mesure et celle des géologues, et autant pour les personnels de laboratoire que pour ceux du terrain ou de la synthèse. Certes, le milieu pétrolier est concerné au premier chef, qu’il s’agisse de praticiens, d’enseignants ou d’étudiants, mais d’autres corporations traitant de l’interaction fluides-roches doivent aussi y trouver matière à enseignement et réflexion.

La Rédaction

Atlas de la Création

Auteurs : Harun Yahya
Editeurs : Global Publishing, Istanbul
Nombres de page : vol. 1, 4ème edition, 800 pages
Prix public : ** €
Date de parution : 2007


Plusieurs exemplaires de ce luxueux ouvrage, en version française, ont été adressés gratuitement à l’UFG, nominativement à divers membres du Bureau. Contrairement à une habitude courante, l’éditeur n’a pas demandé à l’UFG si l’association souhaitait recevoir l’ouvrage en service de presse. Bien que les avis soient partagés sur le bien-fondé ou non de parler de ce livre, il a été retenu d’en faire une note de lecture. Publié en décembre 2006, l’ouvrage a fait l’objet de trois autres éditions, respectivement en février, avril et juin 2007. On peut supposer que ces éditions successives ont toutes donné lieu à une large diffusion gratuite et correspondent plus à des réimpressions qu’à de nouvelles éditions, et donc refléteraient un élargissement du cercle de diffusion. D’ailleurs, l’utilisation, en fin d’ouvrage, du mot « appendice » à la place d’annexe laisserait penser que la traduction n’a pas toujours été parfaitement verrouillée.

Harum Yahya est le pseudonyme d’un auteur turc, Adnan Oktar, qui a souhaité par ce choix se référer à deux prophètes, Aaron et Jean, qui ont lutté pour la foi de leur peuple. Harum Yahya a effectué des études artistiques à l’université Mimar Sinan d’Istambul et étudié la philosophie à l’université d’Istambul. Ni la lettre de diffusion de l’ouvrage par Global Publishing, ni le commentaire « À propos de l’auteur » n’évoquent une quelconque formation de paléontologue dans le cursus de l’auteur.

Il y a deux messages dans ce livre « écrit dans le seul but de plaire à Dieu » :
1. Le darwinisme a tout faux, les espèces n’ont jamais changé, l’évolution est une imposture et Dieu est le créateur suprême de tous les êtres vivants. La liste d’ouvrages d’Harum Yahya publiée en fin d’ouvrage comporte d’ailleurs de nombreux jalons de cette philosophie : « Les désastres causés à l’humanité par le Darwinisme », « La création de l’Univers », Le mensonge de l’Évolution », etc.
2. Le Coran est la religion universelle qui apporte la paix et la sérénité. Comme le rappelle la note « À l’attention du lecteur », « Dans tous les livres de l’auteur, les questions liées à la foi sont expliquées à la lumière des versets coraniques et les gens sont invités à connaître la parole de Dieu et à vivre selon ses préceptes ».

L’ouvrage dont nous parlons ici est un atlas, c’est dire que l’essentiel du volume est constitué par des planches (pages 46 à 609). Chaque espèce prise en compte (animaux et plantes) est présentée sur deux pages comportant plusieurs photos de spécimens fossiles et une photo de l’espèce actuelle retenue. Le petit texte d’accompagnement comporte les rubriques suivantes : âge en Ma, localisation, période géologique, suivies par un commentaire qui souligne invariablement que les espèces n’ont pas changé - « les saules ont toujours été des saules »-, et que le Darwinisme est une tromperie. Aucun commentaire scientifique reflétant les études conduites sur ces espèces ou les groupes correspondants n’est présenté, l’accent implicite est mis sur la comparaison entre les photos.

Ces planches sont présentées par grand ensemble géographique. Sont ainsi traités :
- les Amériques du Nord et du Sud : États-Unis, Canada, République Dominicaine, Brésil, Pérou, Argentine, Chili ;
- l’Europe : Allemagne, Espagne, République Tchèque, Italie, Grande-Bretagne, Russie, Pologne. On notera au passage l’absence totale de la France ;
- l’Afrique : Maroc, Liban, et Madagascar ;
- la Chine, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

On peut supposer que les autres pays seront traités dans les volumes ultérieurs.

En dehors des planches, l’ouvrage comporte un certain nombre de textes. D’abord une introduction : « Qu’est-ce qu’un fossile ? » qui comporte des commentaires sur les grandes périodes géologiques. On relèvera au hasard quelques phrases. À propos du Cambrien : « Cette période est une phase géologique durant laquelle tous les groupes vivants basiques (ou phyla) encore en vie aujourd’hui, et davantage ceux qui s’éteignirent plus tard, apparurent spontanément » ou du Silurien « Avec la hausse des températures, les glaciers fondirent et inondèrent certains continents. Il existe de nombreux fossiles de plantes terrestres datant de cette époque, ainsi que des échinodermes fossilisés tels que les lys de mer, des arthropodes tels que les scorpions de mer et des espèces diverses de poissons sans mâchoires et de poissons dotés d’armure, ainsi qu’un nombre d’espèces d’araignées ». Ou à propos de la « géologie moderne » : « La géologie moderne a révélé que la croûte terrestre se compose d’énormes morceaux appelés « plaques », se mouvant sur la surface du globe, et transportant ainsi les continents et formant les océans ».

L’« Appendice » de l’ouvrage regroupe l’essentiel des textes explicatifs proposés, regroupés sous le titre « La réfutation de la théorie de l’évolution ». Et ces textes vont très loin si l’on en juge par le 1er : « La réelle source idéologique du terrorisme : Darwinisme et matérialisme ». Le Darwinisme aurait nourri le fascisme avec Hitler et justifié une alliance sanglante entre Darwinisme et Communisme. Face à cela, l’Islam n’est pas la source du terrorisme mais sa solution, c’est une religion de paix et de bien être, qui favorise la tolérance et la liberté d’expression. Les autres textes sont plus spécifiquement consacrés à la critique de l’évolution : il n’existe aucune forme transitionnelle ; les archives fossiles réfutent l’évolution ; le conte de la transition de l’eau vers la terre ; l’évolution imaginaire des oiseaux et des mammifères ; le scénario de l’évolution humaine ; l’impasse moléculaire de l’évolution, etc. Conclusion : l’Évolution est une imposture.

Il n’y a pas si longtemps, les chrétiens faisaient remonter la naissance de la vie et de la Terre à quelques milliers d’années et quelque temps auparavant, le Soleil tournait autour de la Terre qui était au centre de l’univers. Depuis, les progrès considérables de la paléontologie font remonter le démarrage de la vie à des milliards d’années. D’ailleurs, en référence à ces anciens temps historiques, on peut se demander si la théorie de l’évolution n’est pas aujourd’hui le bouc émissaire tout trouvé sur lequel s’appuie le prosélytisme résolument offensif de diverses mouvances religieuses.

Alors que dire de ce livre ? D’abord que le mélange des genres n’est pas scientifiquement acceptable. Les croyances, quelles qu’elles soient, sont tout à fait respectables mais elles relèvent pour l’essentiel de choix privés, - et nous venons de célébrer en France, avec une certaine pompe, le 100ème anniversaire de la Loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État (et que dire de la Turquie, pays de laïcité institutionnelle !) -. L’Atlas, réalisé par un homme militant pour la religion islamique, ce qui est son droit le plus strict, n’est pas l’œuvre d’un paléontologue, encore moins d’un collège de paléontologues, même s’il a la prétention de toucher à tout. Les à peu près et les vérités péremptoires n’ont jamais fait progresser la science.

À quand un contre-atlas de la création, pédagogique et scientifiquement bien étayé, pour soutenir une théorie de l’évolution confirmée par des siècles de travaux de très nombreux chercheurs ? Ou, comme le propose Armand de Ricqlès, professeur au Collège de France, dans le dernier numéro (52) du Journal de l’Association Paléontologique Française (APF) : « un séminaire de réfutation de l'ouvrage incriminé, devant immédiatement déboucher sur un ouvrage écrit substantiel faisant "contre feu". Il conviendrait pour cela que des spécialistes de tous les domaines et groupes systématiques impliqués (actuels et fossiles) viennent apporter une argumentation factuelle rigoureuse (qui peut aller de la géologie et de la paléobiogéographie à la phylogénie moléculaire...). En second lieu, que des épistémologues et historiens des sciences et, pourquoi pas, quelques ecclésiastiques de confessions diverses s'impliquent car, au delà des données de fait, le problème fondamental en cause est très largement, comme Gould y avait insisté, celui de la coexistence indépendante et sans interférences "des deux Magistères" ».

La Rédaction

Guide des volcans d’Outre-mer

Auteurs : Pascal RICHET, Jean-Yves Cottin, Joël Dyon,...
Editeurs : Belin, BRGM Éditions
Nombres de page : 492
Prix public : 26,60 €
Date de parution : 2007


Ce guide est organisé en deux parties de volume très inégal, l’une consacré à l’histoire des découvertes et aux grands traits du volcanisme (79 pages), l’autre aux volcans de la France d’Outre-Mer, classés par région (413 pages).

L’histoire des découvertes est essentiellement celle des pays correspondants : bassin méditerranéen, puis Açores (XIIe), Amérique centrale au XVe, Antilles colonisées au XVIIe, continent austral (Indien, Pacifique) du XVIe au XVIIIe. Dans cette évolution, la géologie a mis longtemps à émerger, au XVIIIe en Auvergne (Jean-Étienne Guettard), au XVIIIe et au XIXe en Outre-Mer. Aujourd’hui, environ 10% de la population mondiale vit à proximité des 1 500 volcans de la planète.

La logique de présentation des développements consacrés aux grands traits du volcanisme laisse un peu perplexe. En effet, après une revue partielle des signes avant-coureurs (dykes, sills, séismes), le Piton de la Fournaise est pris comme exemple, puis viennent des développements consacrés aux volcanismes basaltique et andésitique et à la science des magmas. Il nous semble qu’un cheminement pas à pas plus simple et plus pédagogique aurait facilité l’introduction du lecteur grand public au volcanisme, d’autant qu’ensuite on passe directement à une présentation des boucliers et stratovolcans, et à un développement sur la fuite du temps après l’arrêt du volcanisme lui-même (« l’extinction des feux »), y compris une présentation de la mesure des âges.

Mais c’est bien la seconde partie qui constitue l’essentiel du livre et son principal intérêt. Quatre ensembles sont distingués : Antilles, Réunion, Polynésie et Terres australes. Chaque ensemble donne lieu à un descriptif historique et géologique fourni, servant d’introduction à la présentation des sites, chacun englobant, outre une ou plusieurs photos, une présentation propre, un développement géologique et des éléments de situation. Sont ainsi présentés plus de 30 sites en Martinique et en Guadeloupe, plus de 50 à La Réunion, une quinzaine en Polynésie et autant dans les Terres australes.

Plusieurs types de publics seront assurément intéressés par cet ouvrage. D’abord les scolaires et les étudiants qui trouveront là des informations concrètes et précises sur toutes ces régions, susceptibles de compléter les cours qu’ils reçoivent, les touristes et randonneurs, notamment des grandes destinations classiques (Antilles, Réunion) dont ce guide pourra utilement compléter des circuits de découverte très spécialisés ou plus polyvalents, un lectorat diversifié enfin qui, au travers de ce livre pourra laisser son imaginaire voguer vers des contrées qu’il ne verra peut-être jamais.

La Rédaction

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  5. De la Vendée au Sahara. L’aventure tunisienne du géologue Léon Pervinquière (1873-1913)
  6. L’Atlas des origines de l’Homme. Une histoire illustrée
  7. Le plein de biocarburants ? Enjeux et réalités
  8. L’eau – Une histoire peu ordinaire du Big Bang aux hommes
  9. Guide technique. Pompe à chaleur géothermique sur aquifère. Conception et mise en œuvre
  10. Découvrir le patrimoine de la France - Géosciences n°7/8
  11. Géodiversité en Bretagne
  12. Le risque sismique en France
  13. Livret-guide : Route géologique transpyrénéenne Aspe – Haut Aragon
  14. Le tour de France d’un géologue. Nos paysages ont une histoire
  15. Hydrothermalisme. Spéciation métallique hydrique et systèmes hydrothermaux
  16. Les climats de la Terre au cours des temps
  17. Les eaux souterraines dans le monde
  18. Stratigraphy. Terminology and Practice
  19. Mâchefers d’incinération d’ordures ménagères. État de l’art et perspectives
  20. Les Pyrénées. Histoire géologique (Vol. 1), Itinéraires de découverte (Vol. 2)
  21. Tectonique et eaux souterraines des Alpes de Nice. Atlas des sources
  22. Découverte géologique de Marseille et de son environnement montagneux.
  23. Pierres du patrimoine européen : Economie de la pierre de l'Antiquité à la fin des temps modernes
  24. Guide du patrimoine géologique en Poitou-Charentes
  25. Falaises du Pays de Caux. Lithostratigraphie des craies turono-campaniennes