• Le fonds

Mémoire de la Terre. Patrimoine géologique français

Auteurs : Max Jonin
Editeurs : Editions Delachaux et Niestlé
Nombres de page : 2006
Prix public : 38 €
Date de parution : 2006


Cet ouvrage présente de nombreux sites géologiques qui, outre leur qualité esthétique, sont représentatifs de différents phénomènes géologiques et ont ainsi une forte valeur pédagogique. Pour introduire ces sites, qui constituent le plus gros chapitre de l’ouvrage (135 pages), trois chapitres introductifs respectivement consacrés à un abrégé de géologie (23 pages), la formation de la France (12 pages, rédigé par Bernard Laumonier) et des indications générales sur le patrimoine géologique et sa conservation (10 pages). L’intérêt du chapitre 1 est de présenter simplement les principaux concepts de la géologie et celui du chapitre 2, destiné déjà à un public plus averti, de donner une idée sur la façon dont la France a évolué à travers les différentes phases géologiques. Le patrimoine géologique fait partie du patrimoine naturel aux côtés du patrimoine biologique (faune, flore et habitats). Outre les affleurements, il s’étend aux paysages (géomorphologie) et englobe des carrières et des mines, ainsi que des collections et des archives papier. Le présent ouvrage ne concerne que les affleurements. La protection des sites s’appuie sur différents textes juridiques et on distingue ainsi des réserves naturelles nationales ou régionales (depuis 2002) et des sites classés.

À la date de rédaction de l’ouvrage, il y avait 325 réserves naturelles en France, toutes catégories confondues. Les 57 sites présentés dans l’ouvrage sont représentatifs, non pas de la géodiversité du territoire, mais du patrimoine géologique du réseau des réserves naturelles. La carte (p. 51) présente la localisation des réserves naturelles de France et souligne celles qui sont traitées dans l’ouvrage. La présentation des sites sélectionnés est faite par région. On distingue ainsi : Massif armoricain, bassin d’Aquitaine, Pyrénées, Languedoc, Provence, Corse, Alpes, Jura, Ardennes, bassin de Paris, Massif central et Outre-mer. Chaque site est présenté en deux pages comportant une ou plusieurs photos ou figures. La qualité des images est une incitation à regarder les schémas joints et à se plonger dans un texte qui reste court et très lisible. Enfin, l’ouvrage est complété par la liste des coordonnées des réserves naturelles évoquées ainsi que celles des lieux d’exposition qui s’y trouvent, et des orientations bibliographiques.

Cet ouvrage peut satisfaire de multiples publics puisqu’il s’agit à la fois d’un beau livre d’images pour jeunes et moins jeunes, d’un ouvrage pédagogique simple sur la géologie en général et sur l’histoire géologique de la France en particulier, et en quelque sorte d’un guide touristique qui pousse à aller voir le patrimoine naturel et pas seulement le patrimoine bâti.

La rédaction

Géologie du Sahara occidental et central

Auteurs : Jean Fabre
Editeurs : Tervuren African Geosciences Collection
Nombres de page : 572
Prix public : 35 € - en téléchargement gratuit en ligne
Date de parution : 2005


Le monument de Jean Fabre, ancien professeur de géologie à Alger, attire d’emblée l’attention dès la couverture, qui présente la reproduction d’une aquarelle de Russell Black, son ami de toujours et compagnon de combien d’aventures scientifiques et humaines en Afrique. Fidèle à sa mission de diffusion, donc de partage, de connaissances sur l’Afrique, c’est le Musée royal d’Afrique centrale (MRAC), installé à Tervuren (Belgique), qui a accepté d’éditer ce livre, avec le soutien de la Sonatrach. Très notable également, la collaboration rédactionnelle, sous l’égide de Jean Fabre, entre plusieurs institutions scientifiques de part et d’autre de la Méditerranée, universités d’Alger et d’Oran d’un côté, université de Montpellier et Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), de l’autre. À l’heure où médias, experts et élus rivalisent de surenchère autour du passé colonial de la France, ce livre, somme de connaissances d’expert, mais accessibles à tous, témoigne d’un partenariat ancré dans le meilleur d’un échange.

Passons maintenant au contenu. L’ouvrage est classiquement organisé en trois parties. La première est consacrée au Précambrien, la deuxième au Paléozoïque (1ère couverture de plate-forme), et la troisième au Méso-Cénozoïque (2ème couverture de plate-forme) qui inclut le magmatisme récent du Sahara algérien. L’originalité du texte est qu’il décrit la géologie d’un Phanérozoïque reposant sur un craton, stabilisé à la fin du Précambrien, à l’inverse du cas européen qui fut une zone mobile permanente, coincée aujourd’hui entre deux cratons.

La présentation du Précambrien, en collaboration étroite avec Louis Latouche, est faite selon l’ordre chronologique (Archéen, Protérozoïque inférieur, Protérozoïque supérieur), en distinguant les différents secteurs : dorsale Regueibat au Nord, là où se trouvent les gisements de fer de Mauritanie, dorsale de Guinée et boutonnières de part et d’autre du bassin de Taoudenni, dont la base, d’âge Protérozoïque supérieur, est constituée par une série à stromatolithes (étudiée par Jeannine Bertrand-Sarfati), le bouclier Touareg, enfin, qui offre un exemple majeur de chaîne panafricaine. Celle-ci est « enterrée » par le Précambrien terminal – Cambrien. L’état des connaissances présentées témoigne évidemment de leur avancement et reste hétérogène. On en sait, en effet, beaucoup plus sur le Panafricain (marge de la dorsale Regueibat, chaîne des Mauritanides, Hoggar, Adrar des Iforas, Aïr) que sur les terrains plus anciens.

Beaucoup de travaux ont également porté sur la 1ère couverture et notamment sur l’immense bassin de Taoudenni. On citera en particulier les travaux classiques de Théodore Monod ou ceux postérieurs de l’équipe de l’IFP animée par Serge Bœuf avec le géographe Pierre Rognon, très orientés vers les problèmes glaciaires. Dans cette partie, les différents chapitres suivent l’ordre chronologique, de l’Ordovicien au Permo-Carbonifère, avec une présentation par secteur.

La 3ème partie est l’occasion de faire le point des grandes transgressions du Crétacé et du problème du continental intercalaire. Au Cénozoïque, les dépôts marins sont clôturés par le Continental terminal et divers dépôts récents. Un long développement est consacré au Plio-Quaternaire, notamment aux dépôts salins spécifiques de la cuvette de Taoudenni. Un dernier chapitre porte sur le magmatisme récent du Sahara algérien.

Cet énorme travail de synthèse, dont Jean Fabre a assuré une très large part, se traduit par un ouvrage de référence majeure, qui s’apparente à un manuel. En effet, au lieu de présenter les différents sujets par des entrées thématiques (géologie, tectonique, géochimie, géophysique…), c’est la reconstitution géologique qui a primé, exercice, certes difficile, mais qui permet aujourd’hui à un large éventail de lecteurs (étudiants, enseignants, chercheurs, professionnels…) de bénéficier d’un seul coup d’une vision d’ensemble à la fois chronologique et régionalisée. Un petit regret, peut-être, que la géologie économique (hydrocarbures, métaux, matériaux, eau…), dispersée à travers l’ouvrage, ne donne pas lieu à un chapitre à part entière. Nul doute qu’un autre « bénédictin » motivé s’y consacrera un jour.

Gérard Sustrac

Carte touristique : Curiosités géologiques de France

Auteurs :
Editeurs : Editions IGN/BRGM
Nombres de page :
Prix public : 9 €
Date de parution : 2005


Note de lecture

Echelle : 1 000 000
Format 121 x 100 cm - Livrée pliée 11 x 25 cm

Le fond topographique de cette carte présente les voies de communication, les limites administratives (région, département…), les localités et des limites dites de « milieu naturel » (zone urbaine, hydrographie, forêts, parcs naturels).

Sur ce fond, ont été positionnés différents types de curiosités géologiques : géosites (géologie générale, minéraux, volcanisme, fossiles, géomorphologie), musées (géologie générale, minéraux, volcanisme, fossiles), réserves naturelles géologiques, ainsi que des informations concernant l’eau (gorges – canyons, - cascades, sources et résurgences, grottes – gouffres – cavités naturelles – karsts), les carrières, les mines et les sites d’hydrocarbures.

Une telle carte incitera sans aucun doute un large éventail de publics à faire un détour pour visiter l’une ou l’autre des curiosités géologiques mentionnées.

La Rédaction


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Connaissance géologique de la Guyane

Auteurs : Théveniaut H., Delor C. + diverses collaborations
Editeurs : Editions BRGM
Nombres de page : 64 + CD
Prix public : 35 €
Date de parution : 2004

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Livret de l’enseignant. Kit pédagogique Sciences de la Terre.

Ce kit pédagogique est destiné aux enseignants (collège et lycée ; D. Bernard de Sanchez est enseignant de collège et F. Capus de lycée), mais ce n’est pas limitatif et d’autres types de lecteurs (étudiants, décideurs, amateurs éclairés…) peuvent y trouver une matière qui les intéresse. Après une introduction sur l’échelle des temps géologiques, le livret est organisé en cinq parties :
- Cadre régional et historique des travaux.
- Paléoprotérozoïque.
- Tectonique des plaques au Paléoprotérozoïque.
- Volcanisme post-paléoprotérozoïque.
- Phanérozoïque (540 – Actuel).
À noter également une bibliographie et un glossaire.

Le CD, outre le Livret, comprend 26 fiches thématiques (plusieurs fiches par sujet ainsi que des illustrations), 16 fiches de sites (fiche + illustrations) et une carte géologique de la Guyane avec possibilité de zoomer sur une ville. L’ensemble fourni comporte également deux échantillons de roches et trois lames minces. Le kit, réalisé dans le cadre du Contrat de plan État - Région 2000-2006, s’avère bien adapté à son objectif pédagogique. Pour le grand public, une approche plus adaptée s’avèrerait sans doute nécessaire.

La Rédaction

Geoline 2005. Géologie et ouvrages linéaires, 23-25 mai 2005

Auteurs :
Editeurs : Editions BRGM
Nombres de page : 298 + CD des communications.
Prix public : 50 €
Date de parution : 2005

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Ce volume rassemble les résumés de trois conférences invitées et de 212 communications réparties en 17 chapitres. Les trois conférences invitées ont traité des grands réseaux d’infrastructures de transport en Amérique du Nord, en Europe (Réseau transeuropéen) et en Chine. Les 17 chapitres couvrent les grands types d’infrastructures linéaires (pipelines à terre et en mer, lignes électriques, routes, autoroutes, voies ferrées - lignes à grande vitesse en particulier -, tunnels, rivières et canaux), les méthodes de reconnaissance ou de construction et maintenance, les aléas naturels (tremblements de terre, glissements de terrain, chutes de blocs…), la valorisation des matériaux.

Ce très large panorama s’appuie sur des études de cas dans de très nombreux pays (Algérie, Argentine, Belgique, Brésil, Chine, Corée, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Grèce, Hongrie, Iran, Italie, Japon, Luxembourg, Malaisie, Pays-Bas, Portugal, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie) et la présentation de différentes méthodes de reconnaissance ou de détection (géologie, géophysique, géotechnique), ainsi que de modèles et systèmes divers. Si les modalités sont différentes, l'apport de la géologie dans les études pour les pipelines, routes, et autres infrastructures est toujours significatif, voire indispensable.

Le principal intérêt pour le lecteur est l’abondance des expériences présentées par type d’infrastructure susceptibles de lui fournir des références comparatives par rapport aux problèmes auxquels il est confronté. Il trouvera aussi des informations utiles sur les applications des méthodes exposées ou des logiciels présentés. Bref, un ouvrage de référence pour étudiants et enseignants et pour tous ceux qui sont impliqués dans l’aménagement et les infrastructures.

La Rédaction

Développement durable. Avenirs incertains

Auteurs : Christian Lévêque, Yves Sciama
Editeurs : Editions Dunod. Coll. Quai des Sciences
Nombres de page : 232
Prix public : 20 €
Date de parution : 2005


À défaut de dominer la nature, la marque de l’homme sur celle-ci a une longue histoire qui n’a pas commencé avec la révolution industrielle au milieu du XIXe siècle, même si, à partir de cette date, le processus s’est fortement accéléré. Ce processus, que l’on associe souvent au progrès scientifique et technologique, ne doit pas être perçu totalement négativement, même si une tendance actuelle courante consiste à le remettre en cause.
Tout naturellement, l’ouvrage s’efforce d’intégrer ces considérations dans deux grandes approches : la domination de la nature et l’environnement, considéré comme un projet de société. La première qualité de ce livre, que certains lui reprocheront, est d’abord d’apporter une matière synthétique sur un large éventail de sujets, chacun apportant un éclairage spécifique autour du thème central : développement industriel, explosion démographique, problème de l’eau avec la pression de l’irrigation notamment, ressources marines, transformation des terres, sans oublier les problèmes globaux : réchauffement climatique, ozone, substances toxiques, biodiversité, santé... Sur nombre de ces sujets, voire tous, les incertitudes et les zones d’ombre sont importantes, ce qui implique de continuer à progresser dans l’acquisition de connaissance.

Pour faire de l’environnement un projet de société, il importe au premier chef d’évoluer dans nos façons de faire, de vivre et de produire, que ce soit sous l’angle de la consommation énergétique, d’une agriculture à raisonner, de la biodiversité, de la gestion de l’eau ou des déchets. Les maîtres mots sont : économiser, gérer, produire mieux, etc.

La transmission d’un héritage en bon état aux générations futures est devenue la clef de voûte du développement durable, reposant sur une évidence qu’on ne peut revenir en arrière. Ceci implique de raisonner sur le temps long en s’appuyant sur des scénarios comparatifs et en s’efforçant de minimiser les incertitudes, donc de penser globalement tout en agissant localement. Cette perspective du temps long est devenue d’autant plus nécessaire que le monde s’est globalisé avec un marché qui a tendance à devenir l’arbitre de l’économie. Les remèdes sont à rechercher dans la collaboration internationale, notamment en matière de choix de domaines à promouvoir, et dans une prise de conscience écocitoyenne s’appuyant sur formation, éducation et solidarité.

Le développement durable, humanisme moderne comme disent les auteurs, n’est pas une solution toute prête mais, selon l’angle de perception, un problème à résoudre ou un projet de société à développer.

La rédaction

Dynamique des avalanches

Auteurs : Christophe Ancey (sous la direction de)
Editeurs : Presses polytechniques et universitaires romandes
Nombres de page : 338
Prix public : 68 €
Date de parution : 2006

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On pourrait dire qu’en tant que géologues nous ne sommes pas directement concernés par les avalanches. Nous avons pourtant retenu de faire une analyse de cet ouvrage pour deux raisons principales : la prise en compte des avalanches dans les études concernant les risques naturels et l’applicabilité potentielle des méthodes dans d’autres domaines d’écoulement (coulées boueuses…). En France, environ 400 communes sont concernées par le risque d’avalanche, en Suisse, plus de 300.

Cet ouvrage est un manuel qui couvre l’ensemble des approches, de l’observation au modèle, et aborde les deux types reconnus d’avalanches : les avalanches en aérosol et les avalanches coulantes. Comme elles sont bien moins fréquentes que les avalanches coulantes, on a peu l’occasion d’observer des avalanches en aérosol. On manque donc de références, les mesures sont délicates et les modèles encore assez rudimentaires. Les avalanches coulantes se caractérisent par un centre de gravité bas ; elles s’écoulent le long du relief. On distingue les avalanches de neige sèche et froide qui peuvent atteindre des vitesses d’écoulement très importantes, et les avalanches de neige humide, moins rapides mais qui peuvent aller très loin par effet de masse et de lubrification. Différents types de modèles sont employés, notamment ceux qui reposent sur l’approximation du bloc glissant et les modèles hydrauliques.

L’ouvrage aborde aussi l’impact des avalanches et le calcul des pressions, ainsi que les questions de cartographie (SIG) et de bases de données. Trois approches sont proposées pour traiter des avalanches. L’approche naturaliste s’appuie sur des observations de terrain et l’imagerie aérienne, des témoignages et des documents historiques. Elle permet un zonage. Dans la démarche statistique, on recherche des corrélations et des lois permettant de traduire le fonctionnement des avalanches, notamment au niveau des valeurs extrêmes. Dans l’approche conceptuelle, on élabore un modèle de propagation et on procède à des simulations statistiques basées sur la méthode de Monte Carlo. Cette approche est similaire à celle pratiquée en hydrologie pour prédéterminer les crues de grande période de retour. Le modèle conceptuel représente une vision du déroulement du phénomène. Les modèles physiques posent des problèmes de choix des paramètres de calcul et de calage des modèles. L’ouvrage se termine par deux chapitres sur la réglementation, respectivement en France (carte d’aléas, plans de prévention des risques) et en Suisse. En fin d’ouvrage figure une bibliographie abondante et un index de formules, conventions et acronymes.

Il s’agit d’un manuel pour spécialistes (étudiants, enseignants, chercheurs, praticiens…), qui donne une vision d’ensemble des méthodes adoptées pour l’étude et la prévention des avalanches et prend toute sa place dans l’éventail des ouvrages consacrés aux différents types de risques naturels.

La Rédaction