Des glaciers, de l'or

 

De Grenoble on remonte la vallée de l'Isère dont la forme en auge marque bien sa morphologie glaciaire. Entre Chambéry et Albertville le glacier atteignait des milliers de mètres d'épaisseur. Ils franchissaient les cols des Bauges et y ont déposé l'or qu'ils transportaient depuis les Massifs du Belledonne et du Mont Blanc.

Paradoxal : de l'or entre Aix et Annecy (grâce aux glaciers)

L'or se trouve sous forme primaire dans des roches très siliceuses. On le trouve aussi quand des roches siliceuses ont été altérées et qu'il a été transporté par des cours d'eau, dans des alluvions (appelés les placers). Mais à l'ouest des Bauges on trouve de l'or dans les alluvions de rivières alors que ces montagnes sont calcaires. Donc il ne devrait pas y avoir d'or ! Paradoxal ! Quelle en est l'explication ?

Le massif des Bauges est effectivement totalement calcaire. Mais au Quaternaire, lors des grandes périodes glaciaires, ses vallées étaient occupées par des glaciers qui l'ennoyaient, en venant de l'est, des massifs du Belledone et du mont blanc. Leur épaisseur était telle qu'ils franchissaient les cols du Massif des Bauges pour s'écouler vers l'ouest ! Ils charriaient des blocs rocheux arrachés dans ces massifs cristallins de l'est, et les relâchaient dans les Bauges. On retrouve aujourd'hui ces blocs et leurs fragments jusqu'à l'Ouest des

Bauges, de même que les particules, parmi lesquelles le paillettes d'or !

(Le glacier de l'Isère atteignait 1600m d'épaisseur vers Grenoble, 1800 m vers Chambéry et 2000 m vers Albertville.)

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Bauges

 

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Les glaciers (en bleu) ont ennoyé les parties basses du massif des Bauges. La flèche pointe où de l'or a été trouvé (la plus grosse pépite connue faisait plus de 43 grammes). Cet or a été exploité depuis les romains jusqu'au début du XXe siècle. Aujourd'hui encore des orpailleurs amateurs y passent leurs vacances.