Les volcans d'Auvergne : de la chaine des Puys aux volcans du Cantal

 

L'étape du jour s'effectue parmi les volcans du Massif Central. D'abord dans la chaine de puys, en Auvergne, pour se terminer sur le plus grand volcan d'Europe : le Cantal (ce qu'il en reste).

 

Le volcanisme du Massif central dans son ensemble a été actif depuis env. 50 millions d'années. Les dernières manifestations datent d'environ 6500 ans.

Au Nord, la chaine des Puys forme un alignement nord-sud de plusieurs dizaines de volcans. Bien plus récents que ceux du Cantal, ils ont tous moins de 100 000 ans, la plupart fonctionnaient au Paléolithique, et au Néolithique. Ce qui explique qu'ils soient si bien conservés. Ils longent la grande faille de Limagne. Cet ensemble est inscrit récemment (2018) au Patrimoine mondial de l'UNESCO

On a longtemps cru qu'il s'agissait d'immenses cônes de scories romaines. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que Jean-Etienne Guettard, naturaliste du Duc d'Orléans, a compris qu'il s'agissait de volcans.

image87

 

Volcanisme du Cantal, grandeur et décadence

Le volcanisme du Cantal a commencé il y a une douzaine de millions d’années et s’est poursuivi jusqu’à récemment. Le volcan s’est constitué par additions de couches successives, formant un empilement de strates, d’où son nom de strato-volcan.

Un tel édifice ne se marque pas par des éruptions quotidiennes pendant la dizaine de millions d’années d’activité. En effet, à l’image de l’Etna, volcan en activité, il reste parfois sans éruption pendant des années, au cours desquelles l’érosion fait son œuvre et emmène des sédiments tendres, telles les cendres. Il s’agit donc d’une alternance de périodes de croissance et d’érosion.

Au cours du temps la composition chimiques des laves change. Elles étaient d’abord très fluides, et s’écoulaient alors facilement assez loin. Puis elles deviennent plus visqueuses, les coulées sont plus courtes et plus épaisses. Le massif du Cantal devait alors atteindre ses plus hauts sommets, au moins 3000 mètres (peut-être 4000 m) !

image88

Schéma montrant l'intrication des manifestations et les différents types de laves

 

image89

image90

La coupe montre le grand nombre de cheminée qui ont fonctionné (sur cette seule transversale !) et qu'il ne reste presque rien du volcan cantalien !

 

La forme du massif du Cantal n'est pas due à l’érosion mais à une gigantesque explosion  (du type du Mont Saint-Helens, USA, 1980) qui a expulsé des débris (jusqu’à proximité d’Aurillac, à plus de 30 km de là). Le sommet a été ramené à des altitudes proches de l’actuel : 1850. Plus de 1000 m d’altitude ont ainsi été perdus (le Mt St Helens est lui aussi passé de près de 3000m à près de 1800m, en une seule explosion.

Explosion du Mont Saint-Helens

Depuis la super-explosion dans le Cantal

Après l’explosion un volcanisme de nouveau très fluide prend place. Les coulées, très liquides « beurrent » les reliefs, qui s’estompent donc. Le plateau devient uniforme. On nomme ces coulées des planèzes.

image91

 

Vont-ils se réveiller ?

Les grandes éruptions ont cessé il y a environ 3 millions d'années, mais le volcanisme s’est néanmoins poursuivi jusque très récemment : les éruptions les plus récentes sont datées d’il y a 6000 ans dans le Puy de Dôme (Lac Pavin, Puy de Montcineyre), d'autant que l’existence de sources d’eau chaude (ex. Chaudes-Aigues), pourrait témoigner de la présence de chambres magmatiques à faible profondeur.

Il est donc possible de retrouver une activité, mais soyons rassurés, elle sera annoncée par des séismes …