Des paysages calcaires puis granitiques

Dans cette région est née une réputation de votes en fonction du terrain : le calcaire donne l'instituteur et le granite le curé

Des terrains calcaires (jurassiques) jusqu'au ravitaillement puis des granites et schistes jusqu'à proximité de Poitiers

Des paysages différents en fonction du terrain.

  • Les calcaires jurassiques des régions du début jusqu’un peu après Niort : champs ouverts dévolus à la culture céréalière
  • Les roches plus anciennes de l'ère primaire (granites gneiss et dérivés par altération, sols siliceux, dit acides) : bocage avec des haies vives (région de St-Maixent et gâtine poitevine) et des "terres rouges à châtaigniers.

 

Des votes de droite ou de gauche selon le granite ou le calcaire

Dans cette région avait été édictée la règle : "le calcaire donne l'instituteur et le granite le curé"

Selon Siegfried, le sol granitique (que l'on trouve près de la zone de ravitaillement, Saint-Gelais, puis de Saint-Maixent à  Vasles) favorise la dispersion de l’habitat, la ruralité, la grande propriété foncière et le catholicisme. Les figures sociales du noble, du prêtre sont centrales. Ces facteurs expliqueraient le vote à droite de la Vendée.

À l’inverse, le sol calcaire favorise un habitat plus resserré, l’urbanité, la petite propriété. Le rôle de l’Église y est moindre. Autant de données qui peuvent expliquer que le sud de la Vendée votait alors à gauche (durant les premières années de la 3e République). Cette théorie expliquerait également la partition de la Vendée entre le sud républicain et le nord monarchiste pendant les guerres de Vendée des années 1793- 1794.

Une explication avec l'eau par exemple : le granite et les schistes, par altération donnent des argiles, donc des zones humides. L'eau, les mares, se trouvent partout, on peut vivre "dans son coin". Au contraire, le calcaire, avec son réseau d'altération karstique nécessite de faire des puits. On ne peut le faire seul, il convient de se mettre à plusieurs pour le creuser puis de prendre l'habitude du partage, qui incite au regroupement et à la sociabilité.

Cette théorie publiée au début du XXe siècle a été schématisée par une formule lapidaire (mise ici au début) et de ce fait très décriée, notamment par Raymond Aron. Elle connut sa période de gloire, bien que trop schématique.

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