Séisme du Teil, Vallon Pont d'Arc, le charbon de Alès et la soie des Cévennes

 

L'ouest de la vallée du Rhône est limité par une grande faille : la faille des Cévennes.

Celle-ci passe vers Le Teil et a joué il y a un an.

La course franchit ensuite cette faille et circule sur le socle qui nous a livré du charbon, vers Alès, et sur lequel ne pousse qu'une végétation qui aime la silice : châtaigniers et mûriers (qui permettent les bas de soie du french cancan) .

 

Le séisme de Le Teil

Le lundi 11 novembre 2019 à 11 h 52, heure locale, la terre a tremblé. Ce séisme a été ressenti jusqu'à environ 200 km au Nord (Lyon) et au Sud (Montpellier, Marseille). Il y a eu quelques blessés, des centaines de personnes déplacées et plusieurs centaines de maisons endommagées dont quelques-unes partiellement éboulées sur la commune du Teil et ses environs (Le Monde 11/11). La magnitude du séisme a été de ~ 5,2 à 5,4 et le foyer de faible profondeur : 1 à 3 km (l'hypocentre).

Le séisme pouvait avoir 2 causes:

  • rejeu d'une faille plus profonde (la nature, on n'y peut rien !)
  • une contrainte libérée suite à un déchargement, lié à l'exploitation d'une carrière (l'homme responsable !).

 

Aujourd'hui l'idée de la cause anthropique a été abandonnée (cf rapport CNRS). 

On aperçoit sur la droite de la route, au fond, les contreforts granitiques du Massif Central.

 

Le méandre abandonné de Vallon Pont d'Arc & Grotte Chauvet

Le paysage calcaire est marqué par un relief karstique, sec. L'exemple le plus simple est celui de Vallon Pont d'Arc où l'Ardèche traverse une barre calcaire, abandonnant en même temps un ancien méandre.

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Un joli pont avec une arche, naturels. taillés dans les calcaires urgoniens du plateau de Saint-Remèze © Jan Hager CC BY-SA 4.0

 

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Image satellite du méandre abandonné de Pont d'arc : l'Ardèche zigzague et on distingue le méandre abandonné, aujourd'hui occupé par des prairies et des champs et que suit la route. L'arche surmontant l'Ardèche est bien visible © Google Earth

 

A proximité immédiate est la célèbre grotte Chauvet où sont connues les plus anciennes peintures rupestres (env.36 000 ans) avec des animaux représentés en perspective (celle-ci n'a donc pas été inventée à la Renaissance, comme ce fut souvent clamé).

image45Chevaux et bovins de la Grotte Chauvet. © CC-BY-SA-2.0, flic.kr/p/9x7tZY

 

Le socle : charbon des Cévennes , et soie pour le French Cancan

Alès est située le long de la grande faille des Cévennes.

On passe à Alès qui fut un centre de charbonnage des Cévennes, avec la richesse apportée, puis les mouvements sociaux quand les charbonnages ont fermé.

Ce charbon s'est formé au …Carbonifère (la subdivision de l'échelle des temps géologiques en porte le nom) ??

L'industrie minière se développe fortement au cours du XXe  siècle. Elle atteint son apogée en 1958 avec 3,3 millions de tonnes de charbon et un effectif de 20 000 ouvriers avant de décliner puis de cesser vers 1980.

Dans lE paysage des témoins attestent de ce passé minier (terrils, chevalements etc.)

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Presque toute la journée on a longé le faisceau de failles des Cévennes avec, sur notre droite, le socle (granites et gneiss) et sur notre gauche les zones calcaires de l'ère secondaire qui sont plus ou moins cultivées. La forêt n'y est plus dominatrice (zone des garrigues), les paysages très variés : collines douces, plaines ….

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La faille des Cévennes est ici bien soulignée par le trait noir Cette faille sépare : la « zone cévenole » à l’W (en bleu et rouge, gneiss et granites ) avec châtaigniers / mûriers, de la « zone des garrigues » à l’E (en vert et jaune, de calcaire et marnes )

 

Jusqu'à Ganges, le circuit est resté sur les zones calcaires...

A partir de là, la route s'élève sur les Cévennes, le type de roches change, on arrive sur des grès (de 250 millions d'années) puis sur le socle (granite et gneiss), qui ne permettent plus la culture. La région est boisée, notamment de châtaigniers.

Les granites sont peu propices aux cultures. Le terrain est alors occupé par des arbres qui s'y plaisent : les châtaigniers en particulier. Ils ont longtemps été exploités comme ressource agricole (leur rendement était supérieur à celui des céréales de la Beauce).

Puis, au XIXe siècle; les châtaigniers (silicicoles) ont été malades. Ils ont été remplacés par d'autres arbres plus tolérants à la silice: les mûriers. La culture du châtaignier persiste un peu sur les bordures cévenoles (marrons et marrons glacés).

La culture des mûriers s'est développée pour l’élevage des vers à soie favorisant ainsi une industrie textile avec ces fils (chemises, bas…). Une véritable révolution industrielle et sociale dans toute la région (Ardèche et Gard). Ce contexte explique que le French Cancan mettait (ou met encore ?) des bas de soie des Cévennes !

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Les granites cévenols ont permis d’habiller des jambes des danseuses des French cancan. Etait-ce pour montrer ces jolis bas qu’elles levaient haut les jambes. Peut-être pas. © « Le café de Paris », peinture de Jean Béraud [Public domain]