• Toute l'actualité de la SGF

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 Annoncée sur l'agenda de notre siteweb, la journée annuelle de la Société de l’Industrie Minérale (SIM) s’est tenue le 15 juin 2017 dans les locaux de l’Ecole des Mines de Paris. Le thème en était « L’Europe minière et la place de la France ».

Cet événement a regroupé une centaine de participants, professionnels de l’industrie minière et représentants de la société civile.

Il a permis de décrire la situation au périmètre européen avec 76 mines métalliques en exploitation, dont une vingtaine de taille majeure. Celles-ci se concentrent dans six pays, dont les leaders sont la Suède et la Finlande. Viennent ensuite l’Irlande, la Pologne, l’Espagne et la Bulgarie. Tous ces pays possèdent des réglementations qui sont aujourd’hui considérées comme adaptées.

Une deuxième catégorie de pays correspond à l’Europe minière « en berne » : Autriche, Portugal, Norvège, Grande-Bretagne, avec un nombre réduit de mines de taille moyenne à faible.

La dernière catégorie, l’Europe de la « mine morte », où la production est inexistante ou marginale, est constituée par des pays tels que la France, l’Allemagne, la Suisse, la Hongrie ou la Tchéquie.

L’Europe produit une douzaine de métaux, en incluant les résidus de fonderie et les produits du recyclage. La Suède est le dixième producteur mondial de fer, la Pologne le huitième producteur d’argent et le treizième producteur de cuivre, l’Irlande est le neuvième producteur de zinc.

44 compagnies minières exploitantes sont présentes en Europe ; toutefois les géants du secteur, Glencore, BHP et Rio Tinto, sont absents.

414 projets miniers sont actuellement recensés en Europe à des stades de maturité variables, parmi lesquels 120 seraient très avancés.

La Communauté européenne encourage les partages d’expérience entre les pays, avec une prise de conscience du caractère très déficitaire de la production par rapport aux besoins, d’où la définition des matériaux critiques, au premier rang desquels se situent les terres rares avec une très forte dépendance vis-à-vis de la Chine.

L’Europe est donc très déficitaire dans un contexte où chaque pays tente de capter l’essentiel de la chaine de valeur, liée aux minerais, mais également aux produits et sous-produits.

La politique française est de mettre l’accent sur trois axes principaux : l’efficacité des ressources (économies de matières et substitution en particulier), le recyclage (« le déchet est un gisement potentiel ») et l’accès soutenable aux ressources naturelles nationales.

En métropole, onze permis de recherche sont actuellement valides pour l’or et les métaux de base, avec six opérateurs différents. Quatre nouvelles demandes sont par ailleurs en cours d’instruction. Le renouveau annoncé ne correspond en fait qu’aux initiatives ponctuelles de quelques opérateurs, dans un contexte où la réforme du code minier est en attente des décisions du nouveau gouvernement.

 

Plusieurs intervenants ont insisté sur la création de valeur d’un projet minier, en tant que tel, mais également avec une forte répercussion sur l’ensemble de la filière de transformation et de distribution.  

Il ressort des différentes présentations que plusieurs dispositifs existants (évaluations environnementales, études d’impact social, commissions de dialogue) et engagements des opérateurs (actions de communication, exploitation raisonnée, optimisation des processus, filière intégrée au territoire, mise en œuvre des meilleures pratiques) vont dans le sens de la transparence de l’activité des industries extractives.

Le rôle significatif de l’économie circulaire a été souligné, avec toutefois les limitations liées aux difficultés de recyclage des alliages. Par exemple, 55% des besoins en matières premières de l’industrie métallurgique en France proviennent des déchets (9MT/an). Le recyclage des métaux est écologiquement, socialement et économiquement rentable. Il est nécessaire en complément de l’exploitation primaire et participe au développement de l’économie de la fonctionnalité.

Les quelques représentants de la société civile, porte-paroles d’associations et collectifs le plus souvent issus des territoires concernés par la relance de l’exploration minière, ont mis l’accent sur les dégâts causés par les exploitations anciennes et questionnent la gouvernance environnementale des futurs projets. L’ensemble des présentateurs et professionnels ont exprimé la volonté (et la nécessité) de travailler de façon exemplaire dans le respect de l’environnement et de l’ensemble des parties prenantes.