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L’ambition du Musée Virtuel Albert-de-Lapparent

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L’Institut Polytechnique UniLaSalle est issu de la fusion en 2006 de l’IGAL (Institut de Géologie Albert de Lapparent) et de l’ISAB (Institut Supérieur d’Agriculture de Beauvais). Chaque année, près de 80 étudiants intègrent l’école pour devenir des ingénieurs géologues.

Le transfert des collections de l’IGAL sur le campus de Beauvais, couplé à de nouvelles donations de collections, a abouti à la création d’un nouveau Compactus de près de 50 000 pièces. Ces collections sont utilisées dans le cadre de l’enseignement. Des chercheurs peuvent aussi y avoir accès dans un cadre limité par l’exiguïté des lieux. 

Dans un souci de préservation et de rayonnement de ce patrimoine exceptionnel, le département Géosciences d’UniLaSalle a impulsé la création du Musée Virtuel Albert-de-Lapparent.

Ce site internet original, porte d’entrée virtuelle du Compactus, va permettre de rendre accessible à tous les collections géologiques (découvrez le projet en cliquant ici).

Des photos en haute définition, un moteur de recherche puissant et multicritères (origine, nature, géolocalisation, éléments chimiques..), une base de données aux normes internationales (Darwin Core) : l’ensemble constituera un outil de travail et de diffusion des sciences de la géologie pour tous les publics (étudiants, scolaires, enseignants, chercheurs, amateurs).

Cet ambitieux projet d’un montant global de plus de 150 000 euros a déjà reçu le soutien du grand public (55 000 euros collectés via la plateforme Ulule et auprès de particuliers, anciens de l’école) et du Crédit Agricole Brie-Picardie Mécénat et Solidarité (25 000 €).

La collecte continue auprès des particuliers et des entreprises pour boucler le financement de ce projet d’intérêt général.

Tous les dons pour le Musée Virtuel Albert-de-Lapparent, adressés à la Fondation Jean-Baptiste Gagne, ouvrent droit à une réduction fiscale sur l’impôt sur le revenu (66% pour l’IR), l’impôt sur les sociétés (60% pour l’IS) et l’impôt sur la fortune Immobilière (75% pour l’IFI).

Informations complémentaires et modalités relatives au don sur en cliquant ici.  

Pour en savoir plus :

-le blog du Musée Virtuel Albert-de-Lapparent

-la page Facebook

 

Concours international de photographie scientifique

400px Logo for Wiki Science Competition.svgUn concours  international de photographie scientifique aura lieu durant les mois de novembre et décembre 2107, avec le soutien des volontaires de Wikimédia. Ce sera l'un des plus grands défis de la photographie scientifique jamais organisé.

http://www.wikisciencecompetition.org/

Certains pays auront des jurys nationaux spécifiques: http://www.wikisciencecompetition.org/participate/

Une liste avec des descriptions plus détaillées de ces compétitions nationales peut être trouvée ici:
https://commons.wikimedia.org/wiki/Commons

Prix Jean Goguel du Comité Français de Géologie de l’Ingénieur (CFGI)

 

Affiche Prix J. Goguel 2018Comme tous les deux ans, le Comité Français de Géologie de l’Ingénieur et de l’Environnement remet son traditionnel prix Jean Goguel pour récompenser les travaux de jeunes professionnels ou chercheurs œuvrant dans le domaine de la Géologie de l’Ingénieur et de l’Environnement, après dépôt d’une communication écrite originale et un exposé oral devant un jury. Le prochain prix sera décerné en juin 2018.

Le sujet à traiter doit relever des apports et des applications de la géologie dans les domaines suivants : travaux publics, génie civil, construction, environnement, aménagement des sites, risques naturels, eau et nuisances, recherche et propriétés des matériaux non métalliques, etc.

Peuvent concourir : d’une part des chercheurs, qui ont soutenu ou auront soutenu leur thèse de doctorat avant le 1er janvier 2018, et d’autre part de jeunes professionnels souhaitant présenter les résultats de leurs travaux. La limite d’âge est d’avoir moins de 35 ans le 1er janvier 2018.

Télécharger l'affiche d'annonce ce prix et les principales échéances associées

www.cfgi-geologie.fr

 

Qu’est-ce que Vigie Terre ?

Qu’est-ce que Vigie Terre ?

Vigie Terre est un programme de sciences participatives, inclus dans le projet collaboratif « 65 Millions d’Observateurs », porté par le Muséum national d’histoire naturelle. Il s’inscrit en complément des dispositifs déjà existants, tels que Vigie Nature, Vigie Nature École, Vigie Ciel et Vigie Mer. Il aura les mêmes principes de fonctionnement participatif, en s’appuyant sur un réseau de citoyens volontaires et d’experts.

Vigie-Terre est un programme ouvert à tous les curieux de nature, du néophyte au plus expérimenté, qui constitueront le réseau d’observateurs volontaires. Ce réseau sera animé des experts locaux, constitué d’institutions et d'associations dans le domaine des géosciences. En offrant aux scientifiques des données de terrain, dans toute la France, les observateurs volontaires participent ainsi à l’amélioration des connaissances sur la géodiversité et à sa sauvegarde face à l'urbanisation, aux travaux de génie civil …

 


Objectifs :
 
Les objets géologiques, comme tous les composants de la nature sont sujets à l’érosion, à destruction ou disparition. Or certains éléments revêtent une valeur particulière, qu'elle soit scientifique, esthétique, pédagogique… et leur perte est dommageable. Les trilobites ou les ammonites ne se reproduisent plus, certains minéraux croissent, certes, mais à une échelle de temps qui n’est pas celle de l’humanité, donc toute disparition est une perte pour l’humanité. Des éléments de la nature minérale, seule mémoire de l’histoire de la Terre, sont détruits chaque jour, non par méchanceté ou barbarie quelconque, mais souvent par ignorance. Des affleurements pérennes, naturels ou anthropiques (falaises, carrières, talus …) sont parfois menacés de destruction. D’autres expositions de terrains, parce qu’elles sont temporaires, échappent à tout examen, d’autres encore, nouvellement mises à jour, restent longtemps inconnus.


Afin de ne pas perdre l’information des affleurements temporaires, il importe (1) de disposer de l’information, (2) de pouvoir éventuellement intervenir rapidement. C’est notamment pour répondre à ces deux éléments, que nous proposons de mettre en place le programme Vigie Terre avec un réseau d’acteurs dispersés sur le territoire.

Afin de recenser les sites géologiques d’intérêt patrimonial en France, l’Inventaire National du Patrimoine Géologique (INPG) a été lancé il y a 10 ans et est toujours en cours de réalisation. Cet inventaire, mené par les CSRPN, mobilise l’ensemble de la communauté des géosciences en France : universitaires, associatifs, industriels, amateurs … En ce sens, il s’agit déjà d’une action participative. À ce jour (été 2017) on note la participation d’une soixantaine d’établissements différents, universités, associations, musées, établissements académiques ou industriels… On compte environ 400 participants. Aujourd’hui près de 1500 sites ont été validés au niveau national, 2000 sont en cours   d’examen. On estime à 4500 le nombre de sites qui seront renseignés en fin de phase 1.


Vigie Terre et l’inventaire n’ont pas le même mode de fonctionnement, mais ils pourront s’alimenter réciproquement.


Les objectifs du programme Vigie Terre sont nombreux :

  • Contribuer à la connaissance de la géodiversité en France
    Grâce aux signalements de sites géologiques en danger ou exposés de manière éphémère, le programme Vigie Terre permettra de récolter des informations précieuses sur des sites géologiques de la France entière et ainsi de créer des archives accessibles à tous par la suite, afin que les connaissances de la géodiversité du territoire français ne soient pas perdues, même si les sites eux-mêmes ne sont plus disponibles pour les scientifiques.
  • Constituer une base de connaissances sur la géologie à destination du grand public
    Chaque citoyen, quel que soit son niveau de connaissances en géologie pourra participer à l’observatoire Vigie Terre et ainsi acquérir des connaissances et compétences dans le domaine de la géologie, et ce à travers le contenu mis à disposition sur le site mais surtout grâce aux échanges permis avec d’autres citoyens et des experts de la France entière. Une initiation basée sur la découverte et le partage.
  • Découvrir et valoriser la géologie du territoire français
    Vigie Terre c’est également un réseau de partenaires déployé sur l’ensemble du territoire français, chacun avec ses compétences propres. Leur contribution à ce projet sera de permettre la valorisation du patrimoine géologique à l’échelle locale.
  • Sensibiliser et mobiliser les citoyens à la protection de la géodiversité
    Vigie Terre, en permettant à chacun de mieux appréhender la géodiversité de France, par une approche locale, constituera également un outil pour que chaque citoyen participant au programme soit sensibilisé à la protection des objets géologiques, aussi divers soient-ils, et puisse adopter une attitude respectueuse et responsable vis à vis de cette richesse naturelle. Ainsi, chacun pourra se mobiliser plus aisément pour la protection du patrimoine.

 

Fonctionnement du programme
 
Le programme Vigie Terre a pour objectif principal de signaler et décrire des sites géologiques, classés en 3 catégories :

  • Des sites nouveaux ou nouvellement visibles, apportant de nouvelles connaissances
  • Des sites en danger, du fait de phénomènes naturels ou de l’activité humaine
  • Des sites remarquables, de par leur aspect esthétique ou leur rareté notamment afin de signaler ces sites, le programme propose 3 niveaux de participation (facile, moyen, confirmé-), afin que chaque citoyen volontaire, qu’il soit néophyte ou spécialiste, puisse participer dans la limite de ses connaissances.

 

Vigie Terre s’appuie sur un site web dédié, permettant aux participants de saisir les données d’observation et d’échanger au sein de la communauté, mais également sur des documents (guides et tutoriels), permettant l’observation et la récolte d’informations sur le terrain.       Les fiches d’information (celles avec 3 niveaux) seront améliorables par tous Elles sont actuellement en cours d’évaluation, auprès d’étudiants et d’enseignants de SVT du Secondaire.
 
En plus des outils spécifiques à Vigie Terre (site WEB et fiches terrain) une visibilité sera offerte par le futur portail des sciences participatives.


La plupart des programmes réunis sous la bannière “65 Millions d’Observateurs” sont déjà opérationnels. Il s’agit de permettre aux observateurs de participer simplement et efficacement. Pour cela, un portail unique de participation est en cours de réalisation. Il permettra, entre autres, d’accéder aux différentes composantes du projet, y compris sur des terminaux mobiles, de saisir des données et de favoriser une interaction entre participants. La saisie des données se fera donc sur un site dédié, élaboré, gérer et pris en charge par le réseau 65 Mo.


Le programme met à disposition une organisation qui, par relais successifs permet de recueillir des informations susceptibles d’améliorer les connaissances et/ou de protéger des sites mis ensuite à la disposition de tous. Des outils sont donc en construction pour des acteurs locaux pour leur permettre de s’approprier les programmes de sciences participatives.

En s'appuyant sur des protocoles simples et rigoureux, il propose à chacun de contribuer à la recherche en découvrant et/ou décrivant la géodiversité qui nous entoure.

 

Fonctionnement du réseau

Les participants signalent sur un site leur « découverte » d’un objet, d’un affleurement. Cette information est diffusée aux partenaires qui transmettent à leurs relais locaux. L’information concernant ce site est éventuellement complétée sur le site et reste disponible pour le monde scientifique, de l’éducation, pour les amateurs, les médias et les politiques publiques.

Bilan des Olympiades de Géosciences 2017

ieso logoLes Olympiades Internationales de Géosciences (IESO : International Earth Science Olympiad) se sont tenues, pour la première fois en France, du 21 au 30 août 2017, sous l’égide de l’Université Côte d’Azur et du Rectorat de l’Académie de Nice.

Compétition internationale de haut niveau, les IESO accueillent chaque année les meilleurs lycéens des pays participants. Chaque pays participant sélectionne une délégation nationale composée de quatre candidats et de deux adultes accompagnateurs (mentors). Les lycéens s’affrontent dans des épreuves écrites et pratiques sur de sujets relatifs à la géologie, la météorologie, l’hydrologie, l’astronomie et l’environnement.

Les IESO sont les plus jeunes Olympiades Internationales. Créées en 2007, la France vient d’organiser la 11ème édition à Sophia Antipolis.

 

Télécharger le bilan complet d'IESO 2017

 

Une participation record

La 11ème édition a accueilli 117 ‘olympiens’ répartis en 29 équipes nationales. Par ailleurs, 35 pays étaient représentés par une centaine de mentors et  observateurs. C’est une participation record dans l’histoire des IESO.

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De nombreux invités et officiels ont pu suivre les travaux de ces Olympiades qui ont été encadrés par une quarantaine de jeunes volontaires (étudiants ayant participé aux précédentes éditions des IESO) et un comité d’organisation d’une vingtaine de membres.

IESO 2

Télécharger le bilan complet d'IESO 2017

 

 

Tour de France - A chaque étape, un commentaire géologique des paysages traversés

tour2017Beaucoup (env.1/3) regardent le Tour pour les paysages plus que pour la course, ce qui explique qu’un commentateur dédié présente les châteaux et les églises. Dans cet état d’esprit, il a été proposé d’insérer un commentaire géologique qui explique le paysage traversé. Et cette année, un document de 93 pages relevant des éléments de géologie le long du parcours qu'emprunte le Tour de France a été transmis à Franck Ferrand, qui relaie très bien comme commentateur des étapes. Il l’insère dans ses parties historiques, n'hésitant pas à parler du "stratotype de l'Albien". Ce document a été établi par le Muséum national d'Histoire Naturelle avec la participation d e collègues des mondes académiques (ENS, Univ. Savoie Mont Blanc …) et d'associations (GeolVal, AGA, AGSO, Géoparcs ..).

 

L’accumulation de ces « petites » touches permettra de faire prendre conscience que la nature est un tout, que la géodiversité est non seulement le socle de la biodiversité mais aussi le fondement de nos paysages et de l’aménagement du territoire.

 

Bilan :

La géologie n'est pas apparue plaquée artificiellement mais bien intégrée. Bien entendu quelques points remarquables de géologie n'ont pas été mentionnés sur certaine portions d'étapes car il se passait des événement de course importants, alors … la priorité restait à la course.

Outre ces mentions en direct pendant la course des relais ont été effectués sur des médias sociaux : blogs (ex. GéolE), sites WEBs etc. Parmi ces sites on peut retenir le Site WEB de l'ENS Lyon, qui mettait notamment à disposition du public le fascicule avec des informations complémentaires pour les enseignants. On a aussi noté celui de la SGF, de la SGN, de GeolVal, de l'AGSO, AGBP, et en particulier de GeolVal. En effet les retransmissions où de la géologie était mentionnée a été sélectionnée par un membre de GeolVal qui l'a mis à disposition de tous et reste accessible sur leur site (www.geolval.fr).

La longueur des intervention s'étant effectuée pendant la course, tout les téléspectateurs les ont entendus, soit, pour la France, entre 3 et 11 millions de téléspectateurs, selon les heures et les étapes. A ces millions il faudrait ajouter ceux des retransmissions en pays francophones, plus les traductions effectuées à partir du français (un collègue en séjour en Roumanie a entendu notre géologie en roumain). Selon les étapes, et selon la course les commentaires géologiques étaient plus ou moins longs, mais il a été possible d'estimer la longueur totale à 90 minutes, ce qui représente l'équivalent en temps de quelques 105 000 conférences d'une heure devant 100 personnes !!  Et en plus on touche des personnes qui ne seraient pas forcement venues écouter de la géologie.

Un beau succès à renouveler

Patrick De Wever

 

Appel à contribution - Un chercheur, une manip - Palais de la Découverte

 

Appel à contribution
Équipes de scientifiques

Vous êtes scientifique : chercheur, ingénieur, doctorant, étudiant niveau master. Vous souhaitez présenter votre laboratoire, vos activités et vos thèmes de recherches sur la base d’une ou plusieurs expériences.

Venez en équipe à la rencontre du public du Palais de la découverte dans l’espace « Un chercheur, une manip ».


Appel à contribution
Missions doctorales

Vous êtes doctorants et vous souhaitez effectuer une mission doctorale au Palais de la découverte, un site Universcience. Vous avez des idées d'expériences didactiques illustrant votre thème de recherche et vous souhaitez aller à la rencontre de notre public.

Postulez pour une mission doctorale dans l'équipe d'"Un chercheur, une manip". Vous construirez un projet de médiation scientifique complet autour de vos expériences.


Le lieu et l'équipe 1c1m

L’équipe d’1c1m vous accueille et vous accompagne dans la création de l'exposition et des exposés.

Vous présenterez vous-mêmes vos expériences et disposerez d'un espace d'exposition de 25m2, accueillant jusqu'à 9 panneaux, 4 vitrines et 3 écrans pour diffuser des films, des animations et votre présentation PowerPoint.

Renseignements : 1c1m(at)universcience.fr

 

 

Don de la société Total à la SGF

total smallLa société TOTAL a fait don à la Société Géologique de France de la collection suivante, au format numérique :

  • Bulletins des Centres de Recherche exploration-production Elf-Aquitaine, publiés entre 1977 et 1998
  • Notes et Mémoires Total-CFP, publiés entre 1962 et la fin des années 1980.

Ces recueils sont le fruit des travaux des géologues, géophysiciens et ingénieurs réservoirs des sociétés Elf Aquitaine et TOTAL-CFP, mais également d’universitaires qui ont été invités à apporter leur contribution. L’éventail des sujets présentés est vaste et couvre l’ensemble des disciplines des géosciences auxquelles l’explorateur pétrolier doit faire appel.

La Société Géologique de France reconnait la haute qualité scientifique et la valeur intrinsèque de ce don. Elle remercie la société TOTAL qui permet ainsi de mettre ces documents à la disposition d’un vaste public de professionnels des géosciences, qu’ils soient industriels ou académiques, mais également d’étudiants, via le portail documentaire de la SGF : bibliotheque.geosoc.fr

     

À la mémoire de Georges Deicha (1917 - 2011)

 

À la mémoire de Georges Deicha

(1917 - 2011)

par Cyril Deicha[1],

 

Il y a cent ans naquit Georges Deicha. Il fut chercheur-géologue, artiste-médailleur, enseignant et pionnier des inclusions fluides.

 

Géologue de terrain, Géologue de laboratoire

Georges Deicha entra au CNRS dès sa création en 1945. Déjà encouragé par Alfred Lacroix pendant ses études à la Sorbonne, il avait entrepris l’étude de la cristallisation du gypse du bassin parisien, ce qui devint son sujet de thèse d’Université. Il remarqua le déséquilibre cristallogénétique[2] et découvrit l’importance des inclusions[3]. Il prit le parti de s’orienter vers cette spécialité alors peu développée et même décriée.

C’est au sein du Laboratoire de Géologie appliquée de la faculté des Sciences de l’Université de Paris situé au 191, rue Saint-Jacques à Paris sous la direction du Professeur Louis Barrabé[4], qu’il mit au point différents moyens techniques permettant d’identifier, d’observer et d’analyser les inclusions, notamment des appareillages permettant un diagnostic rapide sur le terrain. C’est ainsi qu’il perfectionna la décrépitoscopie et qu’il mit au point vers 1950 les essais par écrasement[5], en concevant un outil permettant de détecter rapidement, même sur le terrain, la présence d’inclusions gazeuses dans un échantillon de la taille d’un grain de sable. La « surplatine à écrasement » commercialisée par Nachet fit connaître les inclusions gazeuses à de nombreux étudiants et chercheurs de terrain.

 

Chercheur

Son livre sur «Les lacunes des cristaux et leurs inclusions fluides» (1955) fit date car ce fut le premier ouvrage français traitant spécifiquement des inclusions[6]. Georges Deicha y présente, illustrations à l’appui, les nouvelles techniques et appareillages ainsi que les résultats obtenus. Par la suite, il continua à prendre l’initiative d’appliquer des nouvelles méthodes d’investigation avec par exemple, dès 1962, la fractographie électronique (MEB) en collaboration avec Cl. Sella[7]. Parmi ses thèmes préférés de recherche figurent d’abord le déséquilibre cristallogénétique, puis les lacunes de croissance et les inclusions fluides et enfin les reliquats magmatiques.

 

Enseignant

deicha 3Georges Deicha participa notamment aux enseignements du troisième cycle de Métallogénie à Paris (où il développa des applications à l’étude des minerais et de leurs gangues) et de Pétrographie à Orsay. Dès 1968, plusieurs thèses furent initiées ; parmi les premières furent celles de J.-C. Touray (inclusions gazeuses), Ch. Sabouraud-Rosset (inclusions aqueuses) et R. Clochiatti (inclusions vitreuses)[8].

Georges Deicha termina sa carrière au CNRS en tant que Directeur de Recherches de classe exceptionnelle. Il continua encore de nombreuses années à suivre l’actualité scientifique, gardant le contact avec ses élèves et confrères notamment à travers des sociétés savantes et continuait à publier. Georges Deicha était un conférencier prisé. La communauté scientifique l’invitait volontiers à s’exprimer sur des sujets variés[9]. Ainsi, il présida un colloque d’histoire des Sciences en 1983 à Grenoble[10], et participa au congrès du CTHS en 1994[11] et 1996[12]. Son engagement bienveillant pour la diffusion de la culture scientifique fut également apprécié[13].

 

Sculpteur

Très engagé au sein de la Société Géologique de France (il fut élu vice-président en 1955), il réserva au Bulletin bon nombre de ses publications. Mais en plus de son activité scientifique, il joua aussi un rôle peu ordinaire dû à ses talents de sculpteur-médailleur. En effet, il créa notamment les médailles et autres bas-reliefs commémoratifs à l’effigie de scientifiques célèbres. Certaines de ces médailles (frappées en bronze par Arthus-Bertand) furent associées aux prix de la Société Géologique de France. Elles figurent même en vignettes sur le site internet actuel de la SGF[14]. Parmi son œuvre, on peut énumérer les portraits de Valérien Agafonoff, P.N. Milioukov, Léon Bertrand, Ami Boué[15], Louis Barrabé, Pierre Pruvost, Raymond Furon.

 

Honoré par les sociétés savantes

deicha 4Président de la Société française de Minéralogie et de Cristallographie en 1975[16], sa notoriété internationale lui valut d’être élu membre d’honneur de nombreuses institutions du monde entier : Société américaine de minéralogie[17], Société allemande de minéralogie[18], etc. En 1995, la Société Géologique de France lui décerna le Prix Gaudry pour l’ensemble de son œuvre[19].

Enfin, quand en 1999, à l’âge de 82 ans, il reçut l’honorariat de la Société Russe de Minéralogie et de Cristallographie [20], il tint à se faire remettre son diplôme au siège de la SGF[21], un symbole touchant de son attachement à ses confrères parisiens.

 

Pionnier des inclusions

En 1960, lors du congrès international de géologie à Copenhague, Georges Deicha rencontra d’autres pionniers des inclusions fluides, en particulier Edwin Roedder[22] de Washington et Nicolas Ermakov[23] de Moscou qui, comme lui, s’étaient lancés dans ces recherches, quasi simultanément mais indépendamment les uns des autres. Ils décidèrent alors d’entamer une collaboration en créant la « commission des fluides minéralisateurs dans les inclusions » (Commission on Ore-Forming Fluids in Inclusions : COFFI). La collaboration se déploya en 1962 au congrès de Washington, et, les inclusions fluides devinrent un thème reconnu par tous. En outre, par ses connaissances linguistiques, Georges Deicha assura la communication à l’intérieur du groupe (E. Roedder ne connaissait pas le russe, N. Ermakov ne parlait pas l’anglais) et contribua à sa cohésion.

En 2003, le Comité Français d’Histoire de la Géologie, sous la plume de M. Dubois souligne que «G. Deicha, en France, F.Gordon Smith au Canada et E. Roedder, aux Etats-Unis, ont, grâce à leur acharnement remis les inclusions fluides au rang des techniques de minéralogie de premier plan[24].

 

L’héritage scientifique de Georges Deicha

En 1995 J.H. Brunn écrivait dans son rapport « On constate que les recherches de G. Deicha, d’abord solitaires, ont débouché sur une discipline à part entière, qui a trouvé des applications dans tous les domaines des Sciences de la Terre, et à laquelle plusieurs milliers de publications ont été consacrées[25] ». L’expression « méthode Deicha » est utilisée de nos jours dans la littérature russe notamment[26]. A partir de la COFFI, dont il était l’un des trois pères-fondateurs, se développa un grand intérêt dans la communauté scientifique pour les recherches sur les inclusions fluides.

En cette année du centennaire de la naissance de Georges Deicha, sa mémoire sera évoquée à diverses occasions, notamment lors du congrès européen des recherches sur les inclusions[27].

La Société Géologique de France se doit de s’associer à cet hommage.

 


[1] Membre du Conseil de la Société Européenne de Physique . cd@nwf.li

[2] DEICHA,G., Aperçu sur les domaines du déséquilibre cristallogénétique. Bull. Muséum, (1947), 2e sér., 243-48.

[3] DEICHA,G., Observations préliminaires sur une recherche pétrographique systématique des inclusions. C.R.somm. Soc.géol.Fr., (1950), 57,59.

[4] Photo 1 : Médaille Louis Barrabé

[5] DEICHA,G., Essais par écrasement de fragements minéraux pour la mise en évidence d’inclusions de gaz sous pression. Bull.Soc.franç.Minér. Crist.,(1950),LXXII,439-45,1fig.

[6] Deicha G. (1955) Les lacunes des cristaux et leures inclusions fluides, signification dans la genèse des gîtes minéraux et des roches. In 8°, 126 p., 13 Fig., , 12 Tab., Masson &Cie Paris 1955

[7]  http://www.e-periodica.ch/cntmng?pid=smp-001:1970:50::682

[8] DEICHA, G. Notice de titres et travaux. Polycopié Paris 1968

[9] Photo 2 : Georges Deicha

[10] http://www.sudoc.fr/001156535

[11] http://cths.fr/ed/edition.php?id=392

[12] http://cths.fr/ed/edition.php?id=62

[13] http://www.saga-geol.asso.fr/Infos_pratiques_page_organisation_membres_honneur.html,

[14] http://www.geosoc.fr/les-prix/63-propos/les-prix/liste-des-prix-sgf/111-prix-barrabe.html

http://www.geosoc.fr/les-prix/distinctions-prix/63-propos/les-prix/liste-des-prix-sgf/109-prix-leon-bertrand.html

http://www.geosoc.fr/propos-html/les-prix/distinctions-prix/63-propos/les-prix/liste-des-prix-sgf/102-prix-prestwich.html

http://www.geosoc.fr/propos-html/les-prix/distinctions-prix/63-propos/les-prix/liste-des-prix-sgf/108-prix-viquesnel.html

[15] Photo 3 : Médaille Ami Boué

[16] Bull. Soc. Géol. de France ;Tome 167 n°1 ; 1996 lettre sem. Déc 1995 p.14.

[17] http://www.minsocam.org/ammin/AM52/AM52_595.pdf

[18] https://de.wikipedia.org/wiki/Deutsche_Mineralogische_Gesellschaft

[19] http://www.geosoc.fr/les-prix/distinctions-prix/63-propos/les-prix/liste-des-prix-sgf/101-prix-gaudry.html

[20] http://www.minsoc.ru/members/honor#foreign

[21] Photo 4 : Remise de diplôme au siège de la SGF - 1999

[22] http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0009254106004918

[23] http://ore.geol.msu.ru/page/24.html

[24] http://www.annales.org/archives/cofrhigeo/dubois1.html

[25] BRUNN,J.H., Rapport pour l’attribution du Prix Gaudry 1994-1995. SGF (Manuscrit)

[26] http://megapaskal.ru/termometriya/618-metodika-dejsha.html

[27] Deicha C. « Georges Deicha pionneer of fluid inclusions » Abstracts ECROFI 2017 Nancy (sous presse)