L'énergie éolienne

 

Le vent est une source d’énergie renouvelables, sans émission de CO2, mais intermittente et inégalement répartie à la surface de la terre. Largement utilisée dans les siècles passés, elle a connu un renouveau depuis les premiers chocs pétroliers avec le développement des éoliennes permettant de convertir l’énergie cinétique du vent en électricité. La filière éolienne, maintenant mature, a connu un développement mondial très rapide depuis une dizaine d’années (+28% par an en moyenne). Dans le même temps, la puissance des éoliennes s’est considérablement accrue : une éolienne terrestre récente a une puissance de 2 à 3 MW et une éolienne marine entre 5 et 7 MW. Les éoliennes peuvent être exploitées isolément ou en parcs. En France, les plus grands parcs terrestres sont ceux de Furges, dans le Pas de Calais (140 MW, 70 éoliennes mises en service en 2008) et de Salles-Curan dans l’Aveyron (87 MW, 29 éoliennes mises en service fin 2008).L’éolien en mer existent depuis 1991 au Danemark ; les plus grands parcs marins en Europe du Nord sont ceux de Horsen Rev II (209 MW, 91 éoliennes couvrant 35 km2, mises en service en 2009) et de Thanet en Grande Bretagne (300 MW, 100 éoliennes couvrant 35 km2, mises en service en 2010).

Fin 2011, la puissance mondiale installée dépasse les 200 GW et représente 2,9% de la consommation d’électricité dans le monde. A la même date, environ 90 000 MW sont installés en Europe (6,3% de la production d’électricité). Les leaders mondiaux sont, dans l’ordre, la Chine, les Etats Unis, l’Allemagne, l’Espagne et l’Inde et ils représentent 74% de la capacité mondiale. En France, la puissance éolienne raccordée au réseau est à fin 2011 de 6 756 MW et cette filière couvre 2,5% de notre consommation nationale. Environ 4 000 éoliennes sont en service, uniquement à terre, avec des positions remarquables en Champagne-Ardenne (50% de la consommation électrique) et en Picardie (35%), tandis que deux régions, Aquitaine et Alsace, en sont dépourvues.

Pour soutenir la filière éolienne, le gouvernement français a mis en place des mesures incitatives pour attirer les investissements d’entrepreneurs privés : obligation d’achat qui permet au producteur de vendre sa production au réseau et un tarif garanti sur une période de 15 ans (5+10) qui assure la rentabilité du projet. Dans le domaine maritime, le gouvernement a lancé un premier appel d’offres en 2011 qui a abouti à l’attribution de quatre lots en avril 2012, pour près de 2 000 MW, sur les côtes normande, bretonne et de Loire Atlantique. Mais plusieurs facteurs freinent le développement de l’éolien. D’abord ses caractères intermittent, associé à une gestion prévisionnelle difficile des vents, et fatal qui nécessite le développement de stockage d’électricité. La majeure partie du coût des projets est dans l’investissement initial ce qui rend le soutien des pouvoirs publics essentiel. En France, l’empilement des réglementations, et le nombre croissant des recours (souvent abusifs puisque 76% sont rejetés devant un tribunal) sont des freins à l’expansion de la filière et contribuent à l’allongement des délais de mise en œuvre des projets (7 ans en moyenne). Le développement de l’éolien marin, énergie renouvelable la plus mature dans ce contexte, nécessite une simplification des procédures et une dynamique d’appel d’offres. L’extension de la zone d’implantation d’éoliennes à la Zone d’Economie Exclusive (200 milles nautiques) et les nouvelles technologies d’éoliennes flottantes) sont également des facteurs favorables. La loi sur l’énergie de mars 2013 a introduit plusieurs mesures qui devrait favoriser l’éolien : suppression de la règle des cinq mâts, suppression des zones de de développement éolien, dérogation à la distance de 500 m entre éoliennes et habitations en outre-mer, dérogation à la loi littorale pour faciliter les raccordements de parcs offshore

L’énergie éolienne est a priori une filière respectueuse de l’environnement mais localement les détracteurs soulèvent plusieurs types de nuisances pour s’opposer aux projets : risque sur l’avifaune (projet contesté de Mont des Quatre Faux dans les Ardennes), impact sur le paysage (rejet des projets de Férières, Seine et Marne, et Villiers- le-Sec, Aisne), impact sur la santé (rejet du projet de Marcilly-Ogny, Côte d’Or), nuisances sur le fonctionnement d’infrastructures (rejet du projet de Noran-l’Abbaye, Calvados, pour cause de proximité d’aérodrome, contestation du projet de Mont des Quatre Faux pour risque de perturbation des radars militaires voisins).

Filière en pleine croissance, l’énergie éolienne pourrait conserver une croissance de plus de 20% par an dans le monde. En Europe du Nord, plusieurs pays (Danemark, Allemagne, Grande Bretagne) ont annoncé des plans de développements massifs, associés à la mise en place d’un « super-réseau » électrique transfrontalier, ce qui permettrait à la filière éolienne de représenter plus de 13% de la production électrique en Europe en 2020.

 

Pour en savoir plus à la SGF:                                                               

- L’éolien à court, moyen et long terme, la Rédaction, Géologues, 176, 2013 - Acheter en ligne ce numéro
- icon Les énergies renouvelables - Etat des lieux et perspectives (37.71 KB), C. Acket et J. Vaillant, ed. Technip, 121, 2011 -  Analyse d’ouvrage Géochronique, mars 2011
 
et …
- Site du Syndicat des Energies Renouvelables (SER) : l’Eolien : http://www.enr.fr/gene/main.php?base=33
- Livre blanc des énergies renouvelables, Syndicat des Energies Renouvelables, 2012 : http://www.enr.fr/docs/2012115824_LivreBlancComplet.pdf
- Site Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) : Energies et matières renouvelables : l’Eolien
- site The wind power : http://www.thewindpower.net/
- site France Energie Eolienne: http://fee.asso.fr/