Développement durable. Avenirs incertains

Auteurs : Christian Lévêque, Yves Sciama
Editeurs : Editions Dunod. Coll. Quai des Sciences
Nombres de page : 232
Prix public : 20 €
Date de parution : 2005


À défaut de dominer la nature, la marque de l’homme sur celle-ci a une longue histoire qui n’a pas commencé avec la révolution industrielle au milieu du XIXe siècle, même si, à partir de cette date, le processus s’est fortement accéléré. Ce processus, que l’on associe souvent au progrès scientifique et technologique, ne doit pas être perçu totalement négativement, même si une tendance actuelle courante consiste à le remettre en cause.
Tout naturellement, l’ouvrage s’efforce d’intégrer ces considérations dans deux grandes approches : la domination de la nature et l’environnement, considéré comme un projet de société. La première qualité de ce livre, que certains lui reprocheront, est d’abord d’apporter une matière synthétique sur un large éventail de sujets, chacun apportant un éclairage spécifique autour du thème central : développement industriel, explosion démographique, problème de l’eau avec la pression de l’irrigation notamment, ressources marines, transformation des terres, sans oublier les problèmes globaux : réchauffement climatique, ozone, substances toxiques, biodiversité, santé... Sur nombre de ces sujets, voire tous, les incertitudes et les zones d’ombre sont importantes, ce qui implique de continuer à progresser dans l’acquisition de connaissance.

Pour faire de l’environnement un projet de société, il importe au premier chef d’évoluer dans nos façons de faire, de vivre et de produire, que ce soit sous l’angle de la consommation énergétique, d’une agriculture à raisonner, de la biodiversité, de la gestion de l’eau ou des déchets. Les maîtres mots sont : économiser, gérer, produire mieux, etc.

La transmission d’un héritage en bon état aux générations futures est devenue la clef de voûte du développement durable, reposant sur une évidence qu’on ne peut revenir en arrière. Ceci implique de raisonner sur le temps long en s’appuyant sur des scénarios comparatifs et en s’efforçant de minimiser les incertitudes, donc de penser globalement tout en agissant localement. Cette perspective du temps long est devenue d’autant plus nécessaire que le monde s’est globalisé avec un marché qui a tendance à devenir l’arbitre de l’économie. Les remèdes sont à rechercher dans la collaboration internationale, notamment en matière de choix de domaines à promouvoir, et dans une prise de conscience écocitoyenne s’appuyant sur formation, éducation et solidarité.

Le développement durable, humanisme moderne comme disent les auteurs, n’est pas une solution toute prête mais, selon l’angle de perception, un problème à résoudre ou un projet de société à développer.

La rédaction