Repères majeurs sur la formation et l'emploi des spécialistes de substances minérales (géologie, exploration, exploitation)

 

Vision synthétique sur les spécialistes formés

En France, 6 structures universitaires (Besançon, Grenoble, Nancy, Orléans, Rennes et Toulouse) et 5 écoles d'ingénieurs (LaSalle-Beauvais, Géologie Nancy, ainsi que trois écoles des mines : Alès, Nancy et Paris) fournissent annuellement environ 150 diplômés en géologie, exploration et exploitation minières, au niveau Bac + 5. Il existe aussi des formations Bac+2/3 (BTS, licence pro), et un niveau Bac+8 (doctorants), qui ne sont pas abordées ici. L'ordre de grandeur des chiffres moyens annuels de diplômés par structure de formation est donné dans le tableau ci dessous.

Pôles

(type de diplôme)

Nombre diplômés/an[1]

Commentaires

Alès - École des mines - EMA (ingénieur)[2]

15 - 20

Formation initiale (3 ans), option RMCE (Ressources minérales et conduite d'exploitation) : Exploitation des Mines et Carrières : formation comportant  les volets, exploration, extraction et traitement/valorisation - pouvant être aussi proposée en alternance.

4 - 10

Formation spécialisée ESERM (Environnement, sécurité et exploitation des ressources minérales), mutualisée avec l’option RMCE.

10 - 15

Mastère (à partir de Bac + 5) Environnement et exploitation minière (EEM)

Beauvais - LaSalle Beauvais (ingénieur)

23 - 24

Parcours d'approfondissement Mines et Carrières, Géologie des ressources minérales. Sur un total de 80 diplômés.

Besançon (master et CMI)

6

Master et CMI (Cursus de master en ingénierie) de Géologie appliquée, en apprentissage. Comporte un volet exploration et exploitation  minérale. En moyenne, 6 sur une vingtaine de diplômés choisissent ce volet, dont 4 pour les carrières et 2 pour la mine..

Grenoble (master Géosciences, Exploration, Risques)

4

Master global de géosciences. Les 12 diplômés au total se répartissent par tiers entre risques, secteur pétrolier et exploration minière (4).

Nancy - Géologie - ENSG (ingénieur)

20 - 25

Géologie et exploration mines et carrières, traitement de minerais, environnement minier, modélisation. Sur un total de 120 diplômés.

Nancy - Mines - ENSMIN (ingénieur)

3 - 5

Exploitation minière.

Nancy - Université (Master Parcours Ressources minières)

10 - 15

Spécialité : Matières premières minérales.

Orléans - Université (Master Parcours EGERM[3]).

12 - 14

Exploration et géomatique des ressources minérales. Comporte 4 mois d'enseignement à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) avec camps de terrain en Abitibi.

Orléans - Université (Master parcours ENAG[4]-2GR).

12 - 14

Master Géologie et gestion durable des ressources minérales (ENAG-2GR) Université - ENAG (BRGM[5]). Gestion et mise en œuvre de projet d'exploration minérale.

Paris - Mines ParisTech (ingénieur)

15-25

Répartition entre les options Géostatistique, Sciences de la Terre orientation environnement et Sol et Sous-sol (techniques d'exploitation souterraine), qui forment 15 à 25 personnes par an sur 150 élèves en tout par promotion. Les élèves s'orientant en ressources minérales sont principalement issus de l'option Sol et Sous-Sol, un petit nombre de Sciences de la Terre et de Géostatistique.

Rennes - Université (Master RMP)

7 - 12

Existe depuis 2012/13. Priorité à la géologie d'exploration. Répartition de diplômés entre ressources pétrolières (3 à 9) et substances minérales (3 à 5).

Toulouse - Université (Master Géologie des Ressources Naturelles - GRN)

7-14

Master sur 3 pôles : mines, pétrole, carrières. Le chiffre moyen porte sur mines et carrières. Maximum 18 diplômés au total.

Tableau : Ordre de grandeur du nombre de diplômés annuels dans les 12 organismes de formation (données fournies par les responsables interrogés).

 

Le total représente annuellement de l'ordre de 150 diplômés au minimum, dont environ deux tiers d'ingénieurs répartis entre géologie - exploration et exploitation - traitement, pour les mines et carrières, et un tiers de diplômés de masters en géologie et exploration minière (mines et carrières).

 

Repères majeurs

Nous souhaitons ici mettre l'accent sur deux secteurs essentiels : le soutien à la formation et le soutien à l'emploi.

Soutien à la formation

1 - Financement général de la formation, des écoles de terrain et des stages en milieu professionnel : faciliter la pérennité des soutiens : accès à la taxe d'apprentissage, soutiens des syndicats professionnels, des collectivités et des entreprises (sponsoring, stages des jeunes), soutien à la formation continue. Éviter la dominante des financements personnels des élèves pour les stages de terrain ou la participation à des rencontres.

2 - Importance des travaux pratiques de terrain et des stages en entreprise, composante essentielle de la formation. Vu la forte réduction du secteur minier en France (en attente de reprise) accent sur les exploitants de roches et minéraux industriels en France et sur le secteur minier à l'étranger. Faciliter la diversification des stages (géologie, exploration, traitement des minerais, exploitation).

3 - Permettre le renouvellement et le développement des personnels en charge de la formation: nombre suffisant, compétences diversifiées, ce qui implique les recrutements et financements appropriés. Le soutien à la recherche fait partie des moyens pour maintenir les compétences, de même qu'une évaluation des formateurs sur leur investissement pédagogique conjointement à leur recherche, une question qui concerne toute les formations au-delà des seules substances minérales. Il faut aussi mobiliser des chargés de cours extérieurs et assurer leur rémunération, une nécessité dans les domaines des substances minérales. Afin de faciliter la sélection des élèves accédant au master 2, envisager une sélection entre Licence et M1 plutôt qu'entre M1 et M2, une question qui dépasse bien entendu aussi les seules ressources minérales. Ne pas oublier également le soutien à la constitution et à la conservation de collections d'échantillons destinées à l'enseignement de géologie minière.

4 - Encourager les actions d'échanges internationaux avec les pays à industrie minière forte (Canada, Australie, Brésil, Chili).

5 - Réactiver les actions de formation continue, en particulier à destination des pays du Sud. La question de la pérennité du Cesmat (Centre d'études supérieures pour les matières premières), soulevée en 2012-2013 est particulièrement significative à cet égard.

 

Soutien à l'emploi

6 - Soutenir l'emploi en France en réduisant fortement la complexité et la durée des démarches administratives, en facilitant l'accès des investisseurs (anciennement et nouvellement installés) à l'exploration des gisements et au développement des mines et carrières, et en soutenant l'appropriation sociétale des projets (les projets de mines et carrières ont toujours mauvaise presse).

7 - Compenser autant que faire se peut les difficultés du contexte international qui impactent l'emploi des diplômés formés en France : Islamisme radical et virus Ebola en Afrique, changement de réglementation minière au Québec ayant conduit à une très forte réduction des compagnies junior, etc. Soutenir les séjours à l'étranger : bourses, conventions de partenariat avec des structures de formation et des entreprises notamment.

 

Etude réalisée par Gérard Sustrac (septembre - décembre 2014)



[1] Nombre limité au domaine des substances minérales

[2] Sans compter la formation continue.

[3] Exploration et géomatique des ressources minérales.

[4] École nationale d'applications des géosciences. BRGM.

[5] Bureau de Recherches Géologiques et Minières.