Des demandes constantes et des exigences environnementales

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Les besoins globaux en matières minérales continuent à croître sur la planète avec la demande des pays économiquement émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil qui relaient dans leur croissance les pays occidentaux les plus développés.

La France, dont le PIB se situe au 6ème rang mondial, continue d’avoir besoin pour ses industries, son équipement et l’aménagement de son territoire de matières minérales multiples : métaux dont l’origine se situe pour l’essentiel à l’étranger, granulats et autres minéraux industriels dont le plus grand volume est extrait en France.

 

Les métaux : production minière et recyclage

A l’exception du nickel de Nouvelle Calédonie, les métaux utilisés en France sont importés soit directement (minerai ou métal) soit indirectement dans les produits transformés : fer (20 millions de tonnes), aluminium (1,3Mt), métaux de base (cuivre : 700 000t, plomb : 250 000t, zinc : 380 000t, étain : 70 000t), métaux pour alliage ou d’autres usages (chrome, cobalt, manganèse, molybdène, tungstène… soit quelques centaines de milliers de tonnes ), métaux précieux (or, argent, platine). Les ressources se répartissent plus ou moins également sur les cinq continents : en Amérique latine, au Canada, en Australie en premier lieu mais aussi en Afrique, en Asie, dans la CEI, aux États-Unis et en Europe.

Le prix des métaux a été multiplié par un coefficient de 2 à 5 ces dernières années. Cela change considérablement l’estimation des réserves exploitables. Des ressources déjà identifiées mais non exploitées deviennent exploitables. Les perspectives de découvertes et de développement de nouveaux gisements sont multipliées, de même que les possibilités de recyclage des métaux. L’acier produit aujourd’hui en France provient pour plus d’un tiers de la récupération des ferrailles, le plomb des batteries à 60% mais l’étain, dispersé, à 10% seulement. L’estimation de la durée de vie des réserves mondiales varie fortement d’un métal à l’autre: elle dépasse généralement le siècle. Sur les sites, la durabilité des exploitations dépendra de la capacité des compagnies minières à rester rentables, soit par leur modernisation, soit par la découverte de nouveaux minerais. Elles devront répondre aux exigences environnementales actuelles et futures, notamment en termes de réaménagement après exploitation.

 

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Une demande de matériaux variée : granulats, ciment, minéraux industriels, roches d’ornementation

400 millions de tonnes de granulats servent chaque année en France les besoins des travaux publics ou de la construction. Ils sont produits à partir des alluvions des rivières (gravières, ballastières), de cendres volcaniques (scories, pouzzolanes) du concassage de roches massives (calcaire, laves, granite…), des sédiments marins (dragage, aspiration) ou pour partie du recyclage. Les milliers d’exploitations, de taille très variable, sont réparties sur l’ensemble du territoire. La production de ciment (20 millions de tonnes), de chaux, de plâtre implique en amont l’exploitation de calcaire, d’argile et de gypse. Granites, gneiss, schistes, ardoises, marbres, calcaires, grèssont utilisés en construction ou en ornementation, parfois en raison de propriétés intéressantes (faible densité, faible conductivité thermique, bonne résistance à l’écrasement, etc.). Les minéraux industriels comme la silice, le kaolin, les feldspaths, le talc, la fluorine… font également l’objet d’extraction en France pour répondre aux besoins variés de l’industrie (verrerie, papeterie, métallurgie) ou du domaine de la santé. Certains matériaux très localisés ont des utilisations très spécifiques (diatomites, zéolithes, par ex.).

Répondre à la demande de demain implique pour les producteurs de ces matériaux de renouveler leurs ressources, ce qui signifie leur identification géologique sur le terrain, l’accès au foncier, et aussi le réaménagement des sites après exploitation, ensemble de tâches pour lesquelles les géologues sont mobilisés.

 

La gestion du passé : l’après-mine

La fin, en l’état actuel, des exploitations minières en France (charbon, fer, sel…) a entraîné des travaux de mise en sécurité et de surveillance de la stabilité des terrains et de la qualité des eaux souterraines. Ce programme pluri décennal fait aujourd’hui intervenir les géologues dans plusieurs de leurs spécialités (géologie minière, hydrogéologie, hydrogéochimie, géotechnique…) et constitue une expérience largement valorisable dans le domaine de l’environnement. En milieu urbain, comme à Paris, le suivi d’anciennes carrières souterraines est essentiel dans les travaux d’aménagement.